‹ Dernieres chansons 1834 a 1854 de P.J. de BerangerChapitre 116 sur 133 · LE BON VIEILL.ARB · texte numérisé non relu

LE BON VIEILL.ARB

.Note I.XXII, — .tii rers

J'ai lui jadis avec le lion Panard.

Panard est un des noms que les chansonniers ont dû répéter le plus souvent. I.e premier peut-être il a soumis la chanson ,à une correction étudiée et à une grande richesse de rimes. U a commencé a rendre ce genre difficile pour les simples amateurs. C’est cependant plutôt un coupletteur habile qu’un vrai poète. Panard se meut dans un cercle d’idées très-étroit, et il ne fit jamais de la chanson ni un petit drame ni un tableau. Gallet, moins connu, moins cité, lui est peut-être supérieur sous ce rapport.

Les Mémoires de Marmontel contiennent différents passages sur Panard qui le font aimer, et donnent lieu de croire que, grâce à une douce indifférence, ce chansonnier dut vivre heureux. {Noie (le Béranger.)

Voici un extrait curieux du livre IV des Mémoires de Marmontel que cite Béranger. (A'ofe de l'Éditeur.)

« Ce vaurien (Gallet) était un original assez curieux à connaître.

« C’était un marchand épicier de la rue des I.ombards, qui, plus assidu au thé.âtre de la foire qu’à sa boutique, s’était déjà ruiné lorsque je le connus. 11 était hydropique, et n’en buvait pas moins et n'en était pas moins joyeux : aussi peu soucieux de la mort que .soigneux de la vie, et tel qu’enfln dans la misère) dans la captivité, sur un lit de douleur, et presque à l’agonie, il ne cessa de faire un jeu de tout cela.

Après sa banqueroute, réfugié au Temple, lieu de franchise alors pour les débiteurs insolvables, comme il y recevait tous les jours des mémoires de créanciers : « Me voilà, disait-il, logé au « Temple des mémoires. • Quand son hydropisic fut sur le point de»l’étouffer, le vicaire du Temple étant venu lui administrer l'extrémc-onclion : « Ah! monsieur l’abbé, lui dit-il, vous venez « me graisser les bottes; cela est inutile, car je m’en vais par « eau. • Le même jour il écrivit à son ami Collé, et, en lui souhaitant la bonne année par des couplets sur l’air : Accompagné rie pl((siru(‘s «((très, il terminait ainsi sa dernière gaieté :

Ile ces couplels soyez content :

Je vous en feruis bien autant,

Kt plus qu'on ne compte d'apôtres -,

Nais, cher Collé, voici l'instant Où certain fossoyeur m'attend,

Apcomiiagné de plusieurs autres.

MOT K s

« \.o. honliommr> Pnnnrd, aussi insouciant que son nrni, aussi oublieux du passé et négligent de l’avenir, avait plutôt dans son infortune la tran(inillilé d'un enfant que l’indifférence d’un philosophe. Le soin de se nourrir, de se loger, de se vêtir, ne le regardait point : c’était l’affaire de ses amis, et il en avait d'assez bons pour mériter cette confiance. Dans les mœurs comme dans l’esprit, il tenait beaucoup du naturel simple et naïf de la Kontaine. Jamais l’extérieur n’annonça moins de délicatesse; il en avait pourtant dans la pensée et dans l’expression. »

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