LES DEUX COUSINS
Note XCIX. — Au titre. — Le peuple de Paris n’a jamais cru, bien généralement, l’i la légitimité de la naissance du duc de Rordeaux. I.e procès-verbal de l’accouchement de la inére était propre A faire naître des doutes. Bien des personnes placées haut les ont eus. L’enfant du miracle pouvait être l’enfant de la fraude. On peut donc être surpris cpie Béranger n’ait pas mis à proflt ce cédé de l’événement qui prêtait si bien à la chanson; mais presque tous ces couplets politiques ont été le ffuit de la réflexion. 11 avait calculé q\i’un jour ou l'autre cette famille serait renversée, et il ne croyait pas que cet enfant pùt jamais amver au tréine. 0 regardait donc comme utile qu’un rejeton de la race dite légitime exisLAt quelque part, pour que celui qui serait appelé au trône, par suite d’événemenis probables, fût bien évidemment dans le cas d’usurpation au point de vue légitimiste, ce qui devait être avantageux au principe de la souveraineté po|mlaire, principe que Béranger a toujours professé. C'était surtout dans le cas où la branche d’Orléans arriverait au tréine que ce représentant île la légitimité paraissait nécessaire au chansonnier. Voilà ce qui le détermina à ne pas chicaner la naissance miraculeuse du duc de Bordeaux, au risque d’exposer sa chanson être reçue plus froidement qu’elle ne l’aurait été, faite dans le sens qui eût le plus flatté la malignité publique. Il ne faut pas croire que ce soit la seule fois qu'il ail soumis ses inspirations à un examen aussi approfondi.
Bans le second couplet il est question de l’eau du Jourdain, dont
MOTKS
011 prétend que N. de Chateaubriand oifril une fiole pour le hapli'me du roi de home, l.e fait n'est peut-être pas exact; mais le trait qui en résulte est trop peu mordant pour qu'on ait cru nécessaire de s’assurer de la vérité historique.
Béranger n’a point cessé d’admirer le talent de l’auteur d' Alain, et crut toujours qu’on devait une sorte de respect à l’homme supérieur qui s’égare, l.e parti royaliste n’u.sa jamais it’une pareille ré-serve : il faut en excepter M. de Chateaubriand, qui donna à ret égard de véritables preuves de supériorité. {Snlr dr Héniniier.)
LE CINQ M.\l
\oTE C. — .Ik lilre. — Jamais la chanson n’avait élevé ses prétentions si liant (|u’en osant déplorer la mort du plus grand liomme des temps modernes et |ieut-étre des temps anciens, de relui qui avait à lui seul gagné autant de batailles qu'.^lexandre et César, autant a<tniinistré que Charlemagne et Louis XIV, et à qui nous devons un rode civil, résumé de notre nouvelle position sociale, dont le bienfait compense à lui seul les maux ipie les ennemis de .Napoléon ont prétendu qu'il avait faits à la France.
L’auteur liésita longtemps s’il tenterait un pareil chant funèbre. Fne fois son cadre déterminé, il crut devoir y faire entrer des espagnols plutôt que tout autre |ieuple, parce que ceux-ci pas- .saient pour avoir le plus à se plaindre de Napoléon. Il crut donc, en les faisant participer à la douleur de l'exilé frangais à (pii ils ont accordé le passage, exprimer mieux que par tout autre moyen combien les traitements odieux que ce grand homme avait eu à (’ssuyer l'avaient rendu l'objet de l’intérêt des peuples mêmes qu’il passait pour avoir le plus opprimés.
On remarquera sans doute que le refrain est ici presque (!omplélement isolé du couplet. Il ne s'y rattache que jiar opposition, pui.s(|ue Napoléon ajoutait à ses inalhenrs déjà si longs celui de mourir loiti de sa patrie el du fils qui devait avoir ses di-rniéres pensi'-es et qui aurait déi Iqi fermer les yeux. Ce refrain, ainsi détaché, est une imitation de la manière antique. Le chansonnier, qui ne savait pas plus de grec que de latin, avait cependant poulies ouvrages de la langue greccpie une admiration si vive qu'elle résista toujours an dégoût que devaient lui causer la plupart de nos Iraductions. {Sole de Héranijer.)
1> ltÊF.U;E
Note Cl . — Au fers •
Allez, enfanis, nés sous un aulrc régne.
Ib'-ranger voulait annoter toutes ses chan.sons, comme il l’avail
* Voy. Vil BinoraphU- (Kdiiinn in-8, p. 77.)
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Tait pour le recueil do 1821. Il a soulemonl laissé dciu iiolcs placées au doruior feuillet du tome 11 de I édition de IS2l ; elles se rapportent au troisième volume, qu'il publia en 182o (C/iflU'dW' noHvcIlcs, in- 18, imprimerie de l'iassan', et (pi'il avait fait procéder d’une clianson-prcface. (.Vo/c de t’f'dUeiir.)
t!e volume n’eut point le sort des précédents ni de celui qui l’a suivi : on ne poursuivit point l’auteur. 11 est vrai que ses libraires lui firent tant de chicanes sur les chansons dont il le composa, que, malgré son opinièlrelé, il fut obligé de céder quelquelois a leui-s crainles et à leurs priére.s. Iti'-ranger a toujours soupçonne ([ue l'un d’eux communiqua le manuscrit à la police. 11 avait d’ailleurs prévu que M. de Villèle, tout-puissant alors, ne se soucierait pas de donner par un procès du relief à la publication. C’était au commencement du règne de Charles X, à qui on voulait faire une espèce de popularité : un procès fait à des chansons eut été une grosse maladresse. On prit donc ses mesures d’avance, et grand nombre do suppressions furent demauilées par le libraire en question. Il en est une, entre autres, qui fut l’objet d’une longue négociation ; il s’agissait de faire disparaître le couplet d envoi à Manuel qui termine la chanson des Luclares ifiiiitniH. L’auteur fut inflexible, et le couplet resta.
Ce qu’il y eut de particulier, c’est que, Béranger ayant refusé de retrancher plusieurs vers dans dilfèrcnles autres chansons, il fut obligé de, se déclarer éditeur du volume, et que c’est à ce titre que le dépôt en fut fait sous son nom à la direction de la librairie.
Le libraire et l’imprimeur, de leur autorité privée, n’en firent pas moins disparaître cinq ou six vers dans une moitié de l’édition ; il en résulta saisie d’exemplaires et procès pour vice de forme, procès qui eiU dil être fait à l’auteur, éditeur déclaré ; mais le. parti était pris, cette fois, de ne pas le tourmenter, et il ne fut question que do l’imprimeur en première instance et en appel, tandis que c’était l’éditeur qui, dans les régies, eût dû être mis en cause. Certes, si le ministre tout-puissant n’eût pas donné le mot d’ordre, l’affaire ne se fût point passée, ainsi; mais M. de Villèle n’avait point besoin, pour faire valoir son royalisme, de tracasser un pauvre, auteur. Béranger l’avait prévu, et, comme il avait habitude de proportionner son attaque au danger qui eu pouvait résulter, cette prévision ne contribua pas peu à le rendre plus facile aux exigences do ses libraires, pour les passages de ce volume où il ne vit pas une nécessité de résister aux craintes dont ils étaient obsédés. .Vu reste, ces corrections furent en trèspetit nombre, et le volume, tel qu’il parut, suffit bien pour prouver que la prison n’avail pas éteint dans le chansonnier les sentiments qui lui avaient mérité l’honneur d’une condamnation. Aussi les journaux «//ru ne manquèrent-ils point de le dénoncer de nouveau à l'animadversion du parquet et des juges; mais, mal-
NOTF.S DR nÉnANf.Rn.
uré les pbinles des royalistes, le libraire seul eul un |icu à sniill'rir du zèle de MM. les maijistrats. (,\o/e de Béranger.)
Note Cil. — ,\ii coinmeneement du règne de Charles bon nombre de généraux de l’anrienne armée el (inanlitè de libéraux île tribune et de, journaux se persuadèrent ou voulurent persuader à la nation que l’époque était arrivée d’un rapprochement entre elle et le trône légitime. Héranger ne tomba pas dans cette erreur ; mais il voulut la constater dans cette Préface, .tu quatrième couplet, il indique ce qu’on devait redouter le plus, c’est-à-dire le jésuitisme. Par le dernier couplet, on peut juger qu’il n’était pas complètement ra.ssuré sur les lionnes intentions de l’autorité .à sou égard. Au reste, cette préracc était propre à détourner les coups qui pouvaient le. menacer. (.Vo/c de Béranger.)
Fix nrs VOTES nr nfnvvc.Fti
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V, bon noilibrnoi^ fiorfliaiior i olcnlrfHI' Ile ermir; riéme ton- •l-à-dire If n'élaitpis ■aiilorité i iinrner Ifs
TABLi: DES M ATI EUES
Adieu. 'ZH
Adieu l’ai'i». 58
Aigle (L‘) et rtloilr'. 35
Ailes (Les'. !13
■Auge (L'n). 18
Ai»Hre (!.’). I Ui
Argent |1.'). 1±3
.tsccnsioii. 55
Au galop! 18
AvcniblL'ldea l)cau.\ esprits. ZZl Avis. 128
liaptêiiie (I.C . 21)
lléiu'siictioiis l.es'. 211
Hois (Les). 1112
Üanne (Ma). 202
ilarnaval (Mou). ICI
Cliaeun son goût. 182
Chansonnettes (Les). 21
Cliapelct|Lel du Uonlioimnc. 25" Oliasscui’ (Le). 00
Cheval |Le) arahe. 12
Colondie (La) et le Corheau du déluge. 200
Corps (Le) et l'Aine. 21"