‹ Dernieres chansons 1834 a 1854 de P.J. de BerangerChapitre 29 sur 133 · LES VENDANGES · texte numérisé non relu

LES VENDANGES

A LALUE

Aia :

Accourez, aimable Laure,

Nos vendangeurs vont aux champs, En siu’saut déjà l’aurore S’éveille à leurs joyeux chants.

Tout vigneron à l’ouvrage Mène enfants, amis, voisins; Tant ses tonnes en veuvage Ont soif du jus des raisins !

D'EHMÈUES CIIA.N^O.NS

Les ceps de rosée liuniides,

Comme un cerÇ dans ses douleurs, Devant ces meules avides Semblent répandre des pleurs.

Sous les paniers qu’on renvoie L’àne pliera jusqu'au soir.

Venez voir richesse et joie .laillir à flots du pressoir.

Mais l’émeule est au village.

Mille oiseaux, dans ces tilleuls.

Disent ; « L’on met au pillage « Ce que Dieu lit pour nous seuls.

K V'oyageurs privés d’étapes,

« Aüus allons de mal en pis :

<1 Aujourd'hui l’on prend les gi appes ; « Hier, c’étaient les épis.

« Des hommes, troupe assouvie.

« Uni terres et revenus ;

« Les autres glanent leiii' vie « Le dos courbé, les pieds nus.

« Pauvres gens, vous qu'on dédaigne, « Vile, aux armes, vengez-vous.

<1 Kous chanterons votre règne :

(I Les raisins seront [wur nous; »

Mais vient réponse à leur plainte, ün chasseur! Oiseaux, tremblez!

DE DfillANGER.

nr,

On peul vendanger sans crainlr :

, Nos tribuns sont envolés.

J.aure, on dépouille la plaine ;

Quittez le doux oreiller.

Demain les pauvres à piûiie Ti'ouveronl à grappiller.

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