‹ Dernieres chansons 1834 a 1854 de P.J. de BerangerChapitre 34 sur 133 · RETOUR A PARIS · texte numérisé non relu

RETOUR A PARIS

A MES VIEUX AMIS Ain : Ce miijji^lral incprochahlc.

V Vive Paris, le loi dii inonde!

' Je le revois avec amour.

Fier {iêaiil, arnié de sa IVoiide,

Il marche, il urandil chaque joui’.

Sur cel'e rive enchanteresse.

Grain loinlx* de riiurnuin semis.

Je viens retrouver ma jeunesse.

Retrouver tous mes vieux amis.

Que de palais ! iiue de iKirtiques, D'éj|;lises, de quais, de bazars,

Ue théâtres, d’arcs héi’oïques.

De colonnes, tributs des arts.

Des arts qui pour leur cîipitale Partout à l'œuvre se sont mis !

Comment, dans ce pompeux dédale, Retrouver tous ses vieux amis?

Ces monuments sont notre histoire ; Grâce à chaque fait retracé,

A de nouveaux rêves de gloire Sourit la gloire du passé.

DE DÉDAXCER.

Dois-je ici l'écoiider mes veilles?

J’eii doute, mais point n'en gémis,

Puist|ue au sein de tant de merveilles On retrouve ses vieux amis.

Ce grand Paris, plus d'un l'accuse Dt> lire même de ses maux.

Il rompt plus de jougs cpi'il n'en use.

Tient moins au bon sens qu'aux bons mots.

L'en reprendre est affaiie au sage.

Btinissons Dieu d’avoir permis (Ju'au milieu d’un peuple volage On lelronve ses vieux amis.

.Mes vieux amis, oui, je les trouve Uéunis tous pour me lêter.

L'est le bonheur que j'en éprouve, l’aris, qui me lait te chanter.

Dans l’absence le cœur sonimeille;

L('s souveniis sont endormis.

Ce jour à jamais les réveille :

J'ai retrouvé mes vieux amis.

LES CRAiNDS PROJETS

Am :

J'ai le sujet d’un poëme héroïque ; Qu'avant dix ans le monde en soit doté.

Oui, le front ceint de la couronne épique.

Dans l'avenir fondons ma royauté.

is

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Mais iiioii sujet prèle à la tragédie;

J'y piHirrais prendre uii plus rapide essor.

Ilialoguoiis, et ma pièce applaudie M’enivrera irhoruieui*s, de gloire et d'or.

La tragédie est un hieii long ouvrige:

L’ode, au sujet comme à moi convient uiieu.x. Iliche d'encens, elle en l'ail le partage .Vux rois d'abord, et, s'il en reste, aux dieux.

Mais l'ode e.xige un liop giand flux de style; Mieux vaut trailcn’ mon sujet en chanson.

Dormez en paix, l'indare, Homère, Eschyle; J'ai rêvé d'aigle et m’éveille pinson.

Sans s’amoindrir ipiel grand projet s'achève? Plus d’un génie a du maïujuer d’entrain.

Ainsi de Itml. Tid tpn restreint son rêve A des chansons, laisse à peine un iiuatrain.

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