‹ Dernieres chansons 1834 a 1854 de P.J. de BerangerChapitre 42 sur 133 · I.KTTRK \ MO.V AMI M. I.KP.P.l X · texte numérisé non relu

I.KTTRK \ MO.V AMI M. I.KP.P.l X

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\in <lu vnii()pvillr Ho )n Petito fiouvormnio.

Cher Lebrun, ta mnse hérnïrpie.

A la chanson tendant la main.

M'écrit : « An trône académique \’enx-ln monter? Parle, el demain... « Mnse, arrêtez. Par lassitude D'nn monde on j’ai fait Ion;; séjour,' J’ai piis f;onl a la solitude.

J’y tiens : c’est mon dernier amom .

Oui, j’adore, ami, la retraite,

El dn brnil mon .Ise a l’elTroi.

ir..

Le monde, dis-tu, me regrette.

Le monde? Il pense bien à moi !

Bourgeois vaniteux, il s’arrange De peu de gloire et de gros fonds ; El, pour s’ébaudir dans sa fange, \ loujotirs assez de bouffons.

Refais-loi tribun politique!

M’a-t-on crié. Mais quoi! Jadis N’ai-je pas, sur (‘otte musique.

Fait assez de vers applaudis?

D’antres m’ont dit : « Fais-toi messie On prophète, et viens, dés ce soir.

D’un parfum de tliéocralie T’enivrer à noire (sncf'nsoir. )>

De me laisser faire grand homme.

Non, je n’ens jamais le désir.

L’époque n’est pas économe De piédestaux; on peut choisir.

Tonte secte a sa créature ;

Tout cluh .aussi ; c’est tel ou tel.

On donne ici la dictature;

Là-l)as on élève un autel.

L’idole est partout promenée;

Mais bientôt les porteurs sont las.

Nous voyons, en moins d’une annct*, Messie, cl dictateur à bas.

On crie à Fun ; « Tu n’es qn un homme; A l’autre, si c’est un vieillard :

« Sur celle borne fais un somme En allendant le corbillard. »

Las ! loute g;loire est mensongère Dans ce temps il’esprits four\'oyés.

Tel s’en fait mie viagère,

Qui lui-même la foule aux pieds.

Combien j’ai vu de nos idoles Subir de contraires deslins!

Je riais de leurs auréoles;

J’ni pleuré sur leurs fronts èleinis.

.\mi, ne laissons pas le monde Nous emporter à Ions ses vents.

Plus qu’une misère profonde J’ai craint des honneurs dècevanis.

Rimeur, j’ai craint de faire ombrage .\ux talents d’un ordre élevé;

J'ai craint jusqu’au renom <le sage.

Dont Lisette m’a préservé.

■Moi, sage! oh! non; c’est la paresse Qui m’a fait des gofits si bornés.

Xon, j’aurais craint ipie ma sagesse N’i'ffrayàt de pauvres damnés.

Quand sonfl'rent au siècle où nous souuius Peuple et roi, riche et travailleui', llrois-moi, le plus sage des hommes >"en saurait être le meilleur.

Lebrun, mon exemple l’enseigne \ faire au monde juste part.

DEIiMÈBES CHANSONS

A l’instilut (|n’nn autre règne .

J’ai bâti ma rudie à l’écart.

Là, si peu que le miel abonde.

Je puis craindre encor les fourmis; Mais là, moins je me donne au inonde, Plus j’appai liens à mes amis.

LA l’ÉK Al’X III .Mi: S.

vrx ui viiiKiis l•ot'T^,s*

-\ii! :

l’oici la fée; oui, c'est la fée aux rinus.

Fille du ciel qui vient nous consoler.

Sa voix ajoute aux cbanis les plus sublimes; Alais prenons garde; elle peut s’envoler :

^■oyez, amis, ses deux ailes si grandes.

Hausses deux mains, où puisent ses amanis, Urillenl rubis, perles et iliamants Pour faire aux muses d('s guirlandes.

— Combien de maux ta voix charme ici-bas ! | Aimable fée, ah! ne fuis pas. ,Iiix.

Ah ! ne fuis pas. '

* Je n'ai pu indiinii'i- tous les mélicrs qui eomplenl des poeles el des versilieateurs plus ou moins connus, plus ou moins hahiles; tuais j'ai omis avec intention les typo|iraphes, parce que la plitparl ont reçu de l'in-truction, el que d’ailleurs leur proeessioii leur rend les études littéraires faciles ;

DF, lîl-’n A Vr.F.R.

liiTi

Le sage en vain crie : « Arrête, Ame folle 1 m U n pauvre enfant, doux, an front nuageux.

Qu’elle a séduit au sortir de l’érole.

Contre son joug court échanger ses jeux .

Dès lors, aux champs, dans les bois, sur lesgi éves. Chercheur d’échos, par elle il va penser.

Menrt-il obscur, elle vient le l>ercei'

, De bruits de gloire el île longs rêves.

— Combien fie maux ta voix charme ici-bas!

Aimable fée, ah ! ne fuis pas.

Ah ! ne fuis pas.

,Si les cités consîicrent sa puissance.

Klle est de fête au foyei- des hameaux.

Mais d’ouvriers une foule l’encense ;

ses faveurs, quels droits ont-ils? Leurs maux. Il faut si peu pofir rendre le courage A tous ces cœurs par la fièvre agités!

La 1)omie fée en leur disant ; Chantez!

Donne à leur soif l’eau d’un mirage.

— Combien de maux la voix charaie ici-bas!

Aimable fée. ah ! ne fuis pas.

Ab ! ne fuis (tas.

Nous verrous, grâce aux fleurs que rimmorlelle Mêle aux tranchets, aux limes, aux ralails.

A 4a navette, au pic. à la Inielle,

L’art sans étude el la gloire en sdjols.

les livres les viennent Irouver; il fani ijiie li'saiilres ouvriers les elierehent, et c’est iléjù un mérite dont nn ilnit leur tenir compte. {Sote de Kérminer.)

DERN’lÈnES CHANSO\S

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f>s artisans chantent, frondent, racontent ;

Le peuple parle; hier il bégayait.

Itii haut du trône on s’écrie, inquiet :

Voici les voix d’en bas qui montent.

— Combien de maux ta voix charme ici-lws' Aimable fée, ah! ne fuis pas.

Ah ! ne fuis pas.

fitends, ma fée, étends sur eux tes ailes; Pai'fume l’air de leurs obscurs abris,

Qu’un peu de vin, non le vin des querelles.

Le vin de joie, éveille leurs esprits.

leur liqueur mêlant ton ambroisie.

Fais qu’à mon nom, un jour ils disent tous ; (iloire à ses chants ! C’est lui qui jusqu’à nous Fit descendre la poésie.

— Combien de maux ta voix charme ici-lxas ! \

Aimable fée, ah ! ne fuis pas, ' Bis.

Ab 1 ne fuis pas ! I

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