‹ Dernieres chansons 1834 a 1854 de P.J. de BerangerChapitre 48 sur 133 · ITS · texte numérisé non relu

ITS

Oui, son patron, vieux défunt peu eonnn.

An Paradis véi^était sans prébende.

De tout rayon lui voyant le front nn.

Les saints criaient an saint de contrebande :

« D’oi'i nous vient-il? Qui l’a eanonis»*?

A’ons parierions qu’il n’est pas baplisi'*. i<

« Un pape intrus, disaient de Iwns voisins.

L’aura tiré des carrières de Rome,

De faux martyrs éternels m.a^'asins.

r, bassons ce f'iienx! » Et contre le pauvre liomnie Monsieur saint Roeb court exciter son cliien. Tant les lieurenx ont le coeur jien clindien.

Mais jusqu’au ciel, d’Austerlitz, d’iéna.

Montent les bruits et les ordres du pape.

Vite on accorde au saint que l’on berna Fleurs, auréole et triple part d’agape.

Tout lui sourit; par une bulle ad hoc,

Re l’almanach son nom bannit saint Roeb.

< Plus que Louis il a des airs de roi, »

Dit le public, public de saints et d’anges Qui tient de nous : la fortune y fait loi.

Et le bon saint, qui se gonfle aux louanges.

Perdant bientiH le peu qu’il a de sens.

Voudrait à Dieu voler sa part d’encens. >

Barons ou ducs, c’est votre histoire à tous,

Napoléon d’un saint de pacotille

Fait un grand saint, fait des rois, fait des fous.

DK BKUANCtll.

ir.'

(iav*! des suis qu’il prend à la eorpiille,

El loiiibe enliii. Messieurs, sur sou luclier, d’esl vous d’aliord qu’il dul se reprorliei-.

LE JOMGLEIU

Am : Suit' et imilin sut' l;i fuugci'C.

Les démons sonl Tous de musique.

• Un obscur jongleur fui dolé

Par eux, jadis, d’un lulh inagitiue (Jui rendail el joie et santé.

Grâce à de folles mélodies.

Noire boinine alors vit ses refrains Gbasscr ennuis et maladies.

Peines du pauvre et noirs cbagrins.

Avant ce don, bien ))eu d’oreilles S’éprenaienl à l’ouïr cbaiilei';

.Mais, 1(! lulb ayant fait merveilles, Gbacun chez soi veut le fêler.

— « L’ami, quoique vilain do latc.

Viens avec nous. — Non, viens cbez moi.

.\ mon foyer le pauvre a place;

Viens chanler un festin de roi. »

Notre jongleur a l’ànie bonne.

Visitant châteaux et palais.

nEU.MKKES i;HA.\S(»>S

A |»liis d’un prime il fait l’auinùiie H(“ joyeux airs, de j^ais couplets, .tiix ^'ens (pi’épuise le servaf;e Il court roudie aussi la gaieté.

gaieté leur rend le courage tjui fait rêver de libel lé.

.Martyr d’une goutte obstinée,

,\ lui qu’un iirélal .ait recours ; tjii’une lillelte abandonnée l’ieure sur d’inconstants amours;- Armé du luth, près d’eux il vole, Ueui eux de voir en peu d’instants Malade et vierge qu’il console Sourire au retour du printemps.

.Aussi, qu’il passe, on se le montre ; Partout vieillards, tilles, garçons.

Disent ; o Ou liénil sa rencontre Uuand son lulb éclate eii cbansons.

Que de bonheur il en retire Si tant d’échos, émus cent fois,

Vont à l’oreilh' lui redire

Les chanl.s ipic leur souille sa voix ! >'

Mais, sur son grabat, (pHs fanlônu's tlhaiiuc jour troublent ses esprits 1 Il irssi'iit là tous les symptômes Des maux que son luth a guéris* Ennuis, chagrins, lièvres, misère»

Se vengent du roi des jongleurs.

DE BÉRANGEP..

L’amour s’y joint, amour sincère (Jui ne l’a nourri que de pleurs.

Il i ticouii à son luth sonore.

Sous ses doigts il se brise, hélas!

Une des cordes vibre encore :

« Üe ma mort, dit-il, c’est le glas. » Avant l’àgc enfin il succombe.

De sou art même fatigué;

Kt l’on grave en or sur sa tomlk' ;

« Ih's mortels ci-gll te plus gai. »

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