MES FLEURS
Am : Cliarmant ruisseau.
Modestes fleurs, empressez-vous d’éclore :
Déjà bien vieux, j'ai hâte de vous voir.
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he voire éclal, vile, égayez l’aurore; j De vos parfums, vite, embaumez le soir. »
Fleurir demain sérail trop tard peut-être :
Pour les vieill<ards tout flot cache un écueil.
Ce beau soleil qui vous invite à naître j Peut, dès demain, briller sur mon cercueil. (
liC choléra revient, affreux vainpùe,
Typhus vengeur de l’Indien opprimé.
Kclosez donc, fleurs ; que du moins j’aspire Son noir venin dans un air parfumé.
Grondent encor les canons dans la ville ; D’horribles cris nos échos sont tremblants 1 Si jusqu’ici vitml la guerre civile,
Croissez, mes fleurs, entre ses pieds sanglants,
Fleurs, vous aussi, vous avez vos souffrances.
Le ver est là, le vent peut accourir.
Moi, qui longtemps ai vécu d’espérances, ^
Que de ImuIous j’ai vus ne pas fleurir ! ) ^
.Ne craignez pas que ma main vous moissonne : Vieux, je n’ai plus de bouquets à donner Devons mon front n’attend plus de couronne; i . Je pars en roi qu’on vient de détrôner.
Las du combat, des folles théories.
Las de nombrer les taches du soleil.
Que n’a’i-je enfin, sous vos liges fleuries, i l’n lit creusé pour mou dernier .sommeil ! j
Bif.
Bis
DE ISKllANGEH.
Mais, près de vous, fleurs au tendre laiiyage, Si de ma mort, ici, j’atteins le jour,
Puisse un parfum, souvenir du jeune âge, i Ce jour encor me reparler d’amour! *
Modestes Heurs, empressez-vous d’écloie ; Déjà bien vieux, j’ai hâte de vous voir.
De votre éclat, vite, égayez l’aurore ; 1
De vos parfums, vite, embaïunez le soir. j.
L’AVËiMH DES BEAUX ESPRITS
Aik ; C’est i mon inaitre on l'art de plaire.
Beaux esprits, adieu votre gloire, Quand, unis par un droit coinimm,
De leur passé perdant mémoire.
Tous les peuples n’en feront qu'un.
Poèmes, chants, drames, harangues, Sermons de sages et de fous, l)ans la confusion des langues,
Verront leurs échos mourir tous.
Chaqtie langue, obscure en sa source, Messieurs, est le fleuve natal Dont votre barque, dans sa course, Doit subir le courant fatal.
Dès que lauriers, pampres et roses Viennent pavoiser votre bord, •
ÜEUISIÈRES CHANSONS
V'ous rêvez aux apothéoses (Jui vous allendeiil dans le port.
Mais qu’un jour ce (leuve se mêle Aux eaux du conlluenl humain.
(Juel esquif ne sera trop fr(Me l’our s’y frayer un long chemin?
Là, sous des étoiles nouvelles,
Aux afllux de cent régions,
On verra sombrer vos nacelles Dans l’océan des nations.
Si quelque chaut, si quelque page Échappe à tant de flots vivants.
Pour en déchiffrer le langage.
Entretiendra-t-on des savants?
Majestés des Académies,
Vous sciez, pour les curieux,
Muettes comme les momies (Jue le Louvre étale à nos yeux.
Beaux esprits, ce grand monde à naître, Monde par nous prophétisé.
Que gagnerait-il à connaître Les vieux titres d’un monde usé?
Rien ne lui peut être un modèle, ll’où je conclus dès aujourd’hui Que, sur la cime où üieu l’appelle,
.Xo.î voix n’iront pas jusqu’à lui.
r>A l'IlKIHCTloX
Am :
Kaisüii, sibylle du sage,
Ou’ou interroge trop tard,
Me vient dire : « A ton voyage Dieu va mettre tin, vieillard, l'i ends ton bâton, ta musette ; Fais les adieux, et, bon pas.
Va revoir ebaque Lisette
(Jiii t’a devancé là-bas. »
Laieté, persévère ;
Amis, votre main.
Lise, emplis mon verre ; Eh ! vite en ebemin !
liaison, la grondeuse, ajoute :
« (i’est trop, passer soixante ans.
Fais ton dernier bout de route ; llomps enfin avec le Temps.
Pour toi tout se décolore ;
Vois le soleil qui pâlit.
Quelques pas à faire encore V'ont te conduire à ton lit. »
Gaieté, jtersévère; ;
Amis, votre main.
Lise, emplis mon veire;
Eb ! vite en cliemin !
IttIt.MKUtS CllAiVSÜ.NS
l'l'édicüon qui iiiViu hante !
Ce iiiüiide est cliei’ de luyer.
Quittons le coin où je chante Pour chaque terme à payer Bois, cités, champs et pi airies,
Si j’ai récolté chez vous,
Iles fleui's de mes rêveries .l’ai fait des bouquets pour tous.
Caieté, persévéré;
.\mis, votre main.
Lise, emplis mon verre ;
Eh î vite en chemin !
•le n’emporte en ma mémoire Que l’image des beautés Qui, mieux qu’une sotte gloire, M’ont fait des jours encliantés.
Passé le temps des amantes.
Dans mes soirs, j’ai bien des fois Cru voir leurs ombres channantes Rire et danser à ma voix.
Gaieté, ijeisévére ;
Amis, votre main.
Lise, emplis mon verre;
Rb i vite en chemin !
Un seul héritier me presse ;
Il’est un chantre adolescent,
La lanjpe de ma vieillesse Offusque son jour naissant,
Des chansons il veut l’empire; D’Yvetot faisons-le roi»
Ivn pusï^tnt niions lui diro .
« Je pars; le trône est à loi.
Gaieté, ptü-sévtVe :
Amis, voire main.
Use, emplis mon vern> ;
Kh! vite en chemin 1
Que m’inipoiie votre monde.
Ses a*]uiIons, ses autans,
St's vieux rocs, sa mer qui gronde, La llenr qui manqiu' an printemps De tout jeunesse s’arrange ;
Mais, las des ans, je m’en vais.
DiHii de sang et de fange, r.e globe sent trop mauvais.
Gaieté, persévère;
Amis, votre main.
Lise, emplis mon verre ;
Eli ! vite en chemin !
Adieu 1 J’achève ma conrsi\
Le ciel s’accourcit d’anlanl Qu’il voit an fond de ma lionrse Gombien peu j’ai de comptant ! .Amis, quittez cet air morne.
Je pars, mais avec l'espoir.
Quand j’aurai passé la borne.
De vous crier ; « Au revoir ! »
Gaieté, j)ersévére;
Amis, votre main.
Lise, emplis mon verre ; |
Eh! vite en chemin ! t
liFli.NlKlîF.S f.ll \NS(iNS
\ PROPOS PK LA DKPUÉCIATION UK CF. MFTAI.
Air : Ro, do, l'l■Il^alll do, oO-.
Sil'cle qui couns sur dos débris,
Toi qui des rois creuses l’abime.
Siècle qui prends tout à mépris.
Quoi! l’or tombe aussi ta victime!, Chaque heure eu abaisse le hmx :
C’en est fait du roi des métaux.
L’or, l’or est pour rien ;
Vous en aurez, hommes de bien.
Us.
Du désert aux Russes fatal ’, Surtout de la Californie,
Déborde à grands flots ce métal Sur le vieux monde à l’agonie Un tel déluge met, hélas!
A l’aumône tous nos Midas.
L’or, l’or est pour rien ;
Vous en aurez, hommes de bien.
‘ La Sibérie, où sont les monts Oiirals, riches en or, et où le ozar envoie scs sujets en exil.
11 n’est pas nécessaire de parler des merveilles do la Californie. {Sote lie Béranger.)
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l'E bèhaxgeiî.
Que d’avares se sont pendus!
Que d’orfévres meurent de crainte!
Vite aux lingots qu’elle a fondus La Monnaie en vain met l’empreinte, lin \erra, si nous en créons,
A deux sous les napoléons.
L’or , l’or est poui- rien ;
Vous en aurez, hommes de bien.
Philosophe, à tort lu piélends Qu’il a mérité sa dél;);îcle.
Si son culte a de temps en lemps Mis sots et fripons au pinacle.
L’or nous a fait plus d’un baron :
Même on lui doit M. V
L or, l’or est pour rien ;
' ous en aurez, hommes de bien.
Mais sous le règne des gros sous Croit-on qu’un romancier travaille?
tdiastes beautés, souffrirez-vous Que l’amour s’escompte en mitraille?
Quels avocats”, sans voir de l’or.
Pourront calomnier encor?
L or, 1 or est pour rieu ;
Vous en aurez, hommes de bien.
Lu attendant les assignats, t.hilTonniers, que d’or dans vos hollex!
L aulcur ne parle ici que de cerlains avocau qui foni liiluellemenl commerce de c.ilnmiiies. ‘Nn'i’ df Rénmprr.',
1>ERMKKF> r,HA.NSl)?«S
Tous nos ministres auvergnats .
De clous d’or vont garnir leurs liottes.
Des veaux d’or du culte détruit Foi^eons-nous des vases de nuit .
L’or, l’or est poui' rien ;
Vous en aurez, hommes de bien.
Malheureux or. dieu qui pour moi
As toujours fait la sourde oreille.
Je l’aimais sans subir la loi.
Ri )X)ur loi ma pitié s’éveille.
Dans mon taudis, dieu rebuté.
Je l’offre l’hospitalité.
L’or, l’or est pour rien; |
^ lits,
Vous en aurez, hommes de bien. '
LA MAITRESSE Or ROI
\iH :
IA FII.I.K.
(I .Mère, dans sa rirhe voilure l*ar six chevaux conduile au pas.
(Juelle divine créaliire !