‹ Dernieres chansons 1834 a 1854 de P.J. de BerangerChapitre 71 sur 133 · I.A MÊME · texte numérisé non relu

I.A MÊME

« Non; ne crains rien. Dans leur caliaiic La misère a trop bien compté Les sueurs qu’au peuple ont conte Liw vices fie la courtisane. »

— Ail! je voudrais, dit la lille à pari soi. , llevenir maîtresse d’un roi. i

LK (JIIAI'ELKT DL BUNIlüMM E.

Am : Un dit |Kii'toul f|im je suis In'lc.

« Sur le chapelet de tes peines,

Bonhomme, point de larmes vaines

— N’ai-je point sujet de pleurer?

Las ! mon ami vient d’expirei’.

Tu vois là-bas une chaumine :

Cours vite en chasser la famine;

Et perds en route, grain à grain, j Le noir chapelet du chagrin. » |

Bientôt après, plainte nouvelle.

— « Bonhomme, où ta blessure csl-elle?

Las ! il me faut encor pleurer ;

Mon vieux père vient d’expirer.

— Coin-s ! Dans ce bois on tente un crime :

Arraolie aux brigands leur victime;

Et perds en route, grain à grain.

Le noir chapelet du chagrin. »

i>i;ti\n:.nKS c.h v.nsoN'-

llionlôl après, peiiu* plus grande.

— <i Bonhoninie, les maux vont jwr bande.

— Las! j’ai bien sujet de pleurer ;

Ma compagne vient d'expirer.

— Vois-lu le feu prendre au villagi"'/

Cours l’éteindre par ton cx)urage :

Et j)erds en route, grain à grain.

Le noir ebaytelet du chagrin. »

Itientôt après, iloideur e.xtrème.

— « Bonhomme, on rejoint ce qu’on aime.

— Laissez-niüi, laissez-moi pleurer :

Las! ma fille vient d’expirer.

— Cours au fleuve : un enfant s’y noie.

D’une mère sauve la joie;

Et perds en route, grain à grain,

Le noir chapelet du chagrin. »

Plus tard enfin, douleur inerte.

— « Bonhomme, est-ce quelque autre perte?

— Je suis vieux et n’ai qu’à pleurer ;

Los ! je sens ma force expirer.

— Va réchauffer une mi'-sange

(,)iii meurt de fi'oid devant ta grangi*:

Et perds en roule, grain à grain.

Le noir chapelet du chagrin. )>

Le Iwnhonime enfin de sourire.

Et son oracle de lui dire ; n Heureux qui m’a pour conducteur!

Je suis l’ange consolateur.

UE UÉK ANGEIl.

(IVsL 1 h (jliarilt'! (ju’on me noiniue.

Va doue prêcher nia loi, bonhoiiime.

Pour qu’il ne reste plus un grain Au noir chapelet du chagrin. »

Hh.

LK PHEMIEU PAPlLLOiN

Vin ;

Toi, le premier que je vois, Salut, papillon des bois !

Gai papillon, quelles nouvelles Nous apportes-tu sur tes ailes ?

Aux affligés promets-tu le printemps, Cet ami que pour eux j’attends?

LK PAl’lLLüX.

Au leu du ciel tout se rallume.

Vieillard, regarde ; il resplendit.

Déjà chaque bourgeon verdit Et partout l’herbe se parfume.

Toi, le premier que je vois, Salut, papillon des bois!

Gai papillon, quelles nouvelles?

Combien tardent les hirondelles !

liKKMKUKS CllAi\SO;SS

Lcui-s cris de joie, en l evoyaiil leni s nids, Diraient : Espérance aux l)annis!

LK PAHLLON.

Ces messagères que l’on giiellc Vont arriver; et, ce malin.

J’écoulais un écho lointain llépéter un ( liant de rauvelle.

Toi, le pi emier que je vois.

Salut, papillon des bois!

liai papillon, quelles nouvelles?

Les fleurs encor (xlôront-elles?

Les verrons-nous émailler le gazon De la tombe iH de la prison?

t.E rAl’ILLOX.

Aux papillons comme aux lillelles.

Oui, des fleurs vont s’oiTrir d’abord.

Vois-tu, sous le l'euillage mort, Briller l’œil bleu des viobdles?

Toi, le premier (|ue je vois.

Salut, papillon des bois!

liai papillon, qiu'lles nouvellc's?

Aurons-nous assez de javelles

DE DEIlANGEi:.

•JH

l'our laiil de faims dont le cri vient d’en bas Troubler le riche à ses repas?

LE PAI'ILUIN.

A j)cine le lêveil commence.

J’ignore, en vos champs assoupis,

Combien Dieu bénira d’épis;

Mais j’entends germer la semenœ.

Toi, le premier que je vois.

Salut, papillon des bois !

Gai papillon, quelles nouvelles?

Quand de l’ange aurons-nous les ailes, üu dans le sang, mer à flux et reflux.

Quand ne se plongera-t-on plus?

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