‹ Dernieres chansons 1834 a 1854 de P.J. de BerangerChapitre 72 sur 133 · LE PAPILLON · texte numérisé non relu

LE PAPILLON

Vieillard, qu’un homme te réponde.

Au soleil je voltige en paix ;

Du suc des fleurs je me repais.

Adieu ! Je plains bien votre monde.

Toi, le premier que je vois, Adieu, papillon des bois!

DERNItKES CHANSONS

AÜIKU

Aih : Te suuvieiis-lu, disail un capituiuc, uii : Ain nouveau de M. L. Auadie.

France, je meurs, je meui-s; tout me rannonce. Mère adorée, adieu. Que ton saint nom Soit le dernier que ma bouche prononce.

Aucun Français t’aima-t-il plus? Oh! non.

Je t'ai cliantée aA ant de savoir lire ;

Et, quand la mort me tient sous son épieu.

En le chantant mon dernier souffle expire.

A tant d’amour donne une larme. Adieu !

Lorsque dix rois, dans leur triomphe impie, Poussaient leurs chars sur ton corps mutilé,

De leurs bandwiux j’ai fait de la 011017)10 Pour ta blessure, où mon baume a conli'.

Le ciel rendit la ruine féconde ;

De le Ixhiir les siècles auronl lieu ;

Par la pensée ensemence le monde. '

L’Éf^alilé fera sa ^erbe. Adieu !

lleini-couché, je me vois dans la tombe.

Ah ! viens en aide à tous ceux que j’aimais.

Tu le dois, France, à la pauvre colombe Qui dans ton champ ne butina jamais,

ME IlElt V \(. Eli.

itr.

Pour qu’à trs fils arrive ma prière,

Lorsque déjà j’enlends la voix de Dieu,

De mon tombeau j'ai soutenu la pierre.

Mon bras se lasse ; elle retombe. Adieu !

UN DES ÜEItMÈHFS I HWSONS

NOTES

mOGRAPHIQUKS ET LITTÉRAIRES

PAR BÉRANGKII

i.K.s ciiwf^oNs prBLiÉEs PAU i,i i avant isi.

Dans un exemplaire de l’édition de 1821, en deux vnlmnes iii-lS, Béranger a placé une centaine de notes éd iles -sur des feuilles volantes. « Ouelcpies notes sur mes chansons, commencées eu 1S2B; — à Perrotin, • a-t-il mis sur la couverture du premier volume.

L'éditeur se réservait de placer ces notes au lias des chansons auxquelles elles se rapportent, lorsqu’il entreprendrait une édition délinitive des œuvres complètes de Béranger; mais, en atlenilant cette édition définitive, il a paru que le caractère de ces notes, qui sont assez longues, motivait une publication particulière. Elles achèveront do peindre Thomme et de raconter Thi.sloire du poète *.

A la fin du second volume de l’édition qu’il annotait, Pérangcia mis cette note dernière :

■< Toutes les notes comprises dans ces deux volumes ont été écrites avant la Révolution de juillet 1850. L'auteur ne croit pas devoir y faire de changements. Quand elles vert ont le jour, ce qui ne sera probablement qii'aprés sa mort, il faudra peutêtre que l'éditeur prenne la peine de les revoir et d’en expliquer ou d’en compléter quelques-unes, au risque d’ajouter des notes à des notes, si tout cela mérite d’étre publié. »

Ces notes, écrites de 1826 à 1850, précédent de dix ans le travail que Bér.anger a composé sur sa vie : ce sont comme des matériaux préparatoires.

* De celle manière, tous les anciens souscripteurs des Oumtms de Hiranger posséderont ces A'otfs sans avoir à acquérif d'édition nouvelle. D.ins l'édilidn in-8, et dans rèdition in-s2 des o'uvri'^ poslttumes, elles stn'venl H,i Hiographit'

NOTKS

Oii lniuvei:i (loue ici i|iicl<)iips remarquer et i|ueli|ues peiis<-e> qui se retrouvent dans Ma Uwgraphie, exprimées quelquefois d’une même manière; on y trouvera aussi des remarques et des pensées nouvelles. A la suite de l’histoire "énèrale de Béranger, ces écrits biographiques et littéraires ont une physionomie particulière qui a son prix, tic n’est pas un de leurs moindres mérites que de faire en détail l’histoire de ses plus importantes chansons. Béranger y a marqué plus vigoureusement que partout ailleurs la trace des elforls qu’il a faits pour donner à la chanson un rang dans la littérature et pour soutenir son r<Me de 1815 à 18,50. [L'EilUrvrA

NiKMIKIlK ( 18 ir.)

\oir. I. - .li( lire. — Otte préface, que le libraire Eymeri exi, gea, se trouve en tête du volume de chansons publié chez lui en novembre 1815 et qui porte la date de 1810. Ce volume, qui contenait à peu prés les quatre-vingts premières chansons des éditions postérieures, ne donna lieu contre l’auteur à aucune poursuite, et l’on ne parut même pas penser alors :1 lui (Ster la modique place d’expéditionnaire qu’il occupait dans les bureaux de l’üniversité depuis 180!).

Plusieurs de ces chansons furent pourtant incriminées en 1821, lors de leur réimpression et malgré la prescription invoquée.

Longtemps après la publication de ce premier volume, on fit savoir à Béranger que, s’il en publiait un second, où se trouveraient les nouvelles cbansons qui couraient manuscrites ou disséminées dans quelques recueils, on se verrait contraint de lui ùter sa place. Cette espèce de menace ne l’empêcha pas de faire cette publication, dont le,j)remier résultat fut de lui lavir son seul moyen d’existence*. 11 est vrai d’ajouter que la vogue de cette seconde publication fut telle, qu’il en tira de quoi satisfaire:! des besoins que son amour de l’indépend.ance a toujours su modérer. Aussi a-t-il souvent répété qu’il s’était coiTompu dans la prison de Sainte-Pélagie, parce qu’il y avait eu pour la première fois de sa vie des rideaux à son lit et du feu. Il .ajoutait, en sortant de la Force, après neuf mois de, détention, que là il avait pris l’h.abitiide d’étre servi, lui qui jusqu’alors s’était presque toujours servi Iiii-méme. (.Ve/c île Béranner.)

Le recueil de 1821 contenait cent soixante-deux chansons, ilu Bai d'ïi'elal au Ciii'/ Mai Cest à ces cent soixante-deux chansons seules que fc rapportent les notes inédites de Béraiicer. '\«/c de rf.dileur.i '■

• Vnv. Va liù 'iTfiptdt' dôlilinu iri-S. p.

1>E BÉ B A NC. K II.

Notk 11. — A la ligne ; Cettl rie tècrihtre de Cul.é. — Collé, auteur de la Partie rie chasse rie Henri IV, est le plus varié et le plus spirituel des anciens chansonniers français. Ses couplets, presque toujours graveleux, sont les fruits d'une observation fine et d’une gaieté mordante. 11 a laissé des mémoires recommandables par quelques anecdotes piquantes, mais où régne parfois un ton d'humeur qu'on ne s'attend pas à y trouver. Collé, dans son extrême jeunesse, avait entrevu la Itégence; il passa une partie de sa vie auprès des grands. Malgré cela et en dépit de la licence reprochée à ses chansons, il a laissé la répulation d'un homme honnête et de mœurs pures. Il mourut en 1782. (JVo/c rie Béranger.)

Collé, cousin de Itegnard et ami de l'anard et de Callet, dont parlent les notes inédites de Béranger, est né en 1709. Le recueil complet de .scs chansons a été publié en deux vol. in-18, 1807. Ses mémoires (le Journal historique), qui sont une œuvre de satire (trois vol. in-8‘), ont paru de ISOiJ à 1807. {Sole rie l'Êriiteur.

Aotk III. — A la ligne : Conrersalion entre mon censeur et moi. — On sent que l’auteur fait ici une supposition pour excusi-r plusieurs parties de son recueil, nécessité que le libraire lui avait imposée. Du reste, il y avait quelques rapports réels entre le ehantre de Marotte et le chansonnier de 1813. (,\o/e de Béranger. i

Note IV. — A la ligne : Chansons que mon censeur n'a pas dû me passer. — Collé publia en effet sous ce titre un recueil chantant dont la licence peut effrayer les censeurs les moins sévères. (Hole de Béranger.)

Note V. — A la ligne ; Vous, monsieur Collé, qui avez pour proleclenr un prince rie l' auguste maison dont nous are: si bien fait parler le héros. — Cette note de Béranger manque. Elle eût fait allu- .sion à la ressemblance qu’il y avait entre Collé, protégé du duc d'Orléans, fils du Régent, et auteur de la Partie de chasse de Henri IV, et Béranger, qui, devant à Lucien Bonaparte de si utiles encouragements, chanta la gloire de Napoléon, lyule del'Criiteur.)

Note VI. — Ab commencement du post-scriptum. — Telle était la préface du premier volume publié en 181î>. Dans l'édition de 1821 , laite en deux volumes, l’auteur a ajouté à cette préface le postscriplum suivant (voir ce post-scriptum'. Béranger a toujours regretté d’avoir été obligé de faire une préface à ses chansons. Il n’aimait pas à écrire en prose et ne s’en croyait même pas capable. Aussi fut-il afIUgé de voir toujours ses libraires vouloir réimprimer ce morceau, qu'il jugeait être mauvais, et dont le ton d'ailleurs ne convenait plus aux productions qu'il a ajoulée*. à celles de son premier volume, (yole rie Béranger.)

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