DR BÉ II ANGE R
Que d’avares se sont pendus!
Que d’orfévres meurent de crainte!
Vite aux lingots qu’elle a fondus La Monnaie en vain met l’empreinte.
On verra, si nous en créons,
A deux sous les napoléons.
L’or, l’or est pour rien ;
Vous en aurez, hommes de bien.
Philosophe, à tort lu prétends Qu’il a mérité sa débâcle.
Si son culte a de temps en temps Mis sots et fripons au pinacle,
L’or nous a fait plus d’un baron;
Même on lui doit M. V
L’or, l’or est pour rien;
Vous en aurez, hommes de bien.
Mais sous le règne des gros sous Croit-on qu’un romancier travaille?
Chastes beautés, souffrirez-vous Que l’amour s’escompte en mitraille?
Quels avocats*, sans voir de l’or.
Pourront calomnier encor?
L’or, l’or est pour rien ;
Vous en aurez, hommes de bien.
En attendant les assignats, Chiffonniers, que d’or dans vos hottes !
* L’auteur ne parle ici que de certains avocats qui font habituellement commerce de calomnies. [Noie de Béranger.)
DEHMKRGS CH \ NSONS
Tous nos minisires auvergnate De clous d'or vont garnir leurs hottes.
Des veaux d'or du culte détruit Forgeons-nous des vases de nuit.
L’or, l’or est pour rien ;
Vous en aurez, hommes de bien.
Malheureux or, dieu qui pour moi As toujours lait la sourde oreille.
Je t’aimais sans subir la loi.
Et pour loi ma pitié s’éveille.
Dans mon taudis, dieu rebuté.
Je t’offre l'hospitalité.
L’or, l’or est pour rien : |
Vous en aurez, hommes de bien. I