‹ Dernières chansons de P.J. Bèranger 1834 à 1851 avec des notes de Béranger sur ses anciennes chansonsChapitre 101 sur 182 · LA MAITRESSE DF · texte numérisé non relu

LA MAITRESSE DF

\ lit :

IA FILLE

« Mère, dans sa riche voiture Far six chevaux conduite au pas.

Quelle divine créature!

L'est notre reine; oui, n’est-ce pas? ••

LA MÈRE

« Jamais la reine, qu'on délaisse.

N'eut, ma fille, un luxe effronté.

DK BÉRANGER. 2.V>

Honte à cette folle beauté î Du roi ce n’est que la maîtresse. »

— Ah! je voudrais, dit la fille à part soi,

Devenir maîtresse d’un roi.

LA FILLE

<< Mère, vois briller sur sa tète • L’or, les perles, les diamants.

A-t-elle donc, aux jours de fête,

De plus splendides vêtements? w

LA MÈRE

■< Malgré dentelles et panaches,

Ses traits chez nous sont bien connus.

Elle a fui d’ici les pieds nus,

Où, pauvre, elle gardait nos vaches. »

— Ah ! je voudrais, dit la fille à part soi.

Devenir maîtresse d'un roi.

LA FILLE

« Qui survient? Dame belle et fière.

Son carrosse, au galop conduit.

Jette à l’autre un flot de poussière,

Et, raccrochant, fait rire et fuit. »

LA MÈRE

« Nivale qu'un grand nom abrite,

Cette dame, osant tout tenter,

Jusqu’au lit du roi veut monter Pour écraser la favorite. »

— Ah! je voudrais, dit la fille à part soi.

Devenir maîtresse d'un roi.

LA FILLE

« Le roi défend celle qu’il aime.

A cheval, un jeune seigneur Veille sur elle, et, beau lui-même,

D’un doux regard quête l’honneur. »

LA MK1U..

« Fils d'une race renommée,

Il sait complaire, et va, dans peu,

Obtenir ou le cordon bleu,

Ou le plus haut rang dans l’armée. »

— Ah! je voudrais, dit la fille à part soi, Devenir maîtresse d’un roi.

LA FILLE

« On arrête; elle veut descendre.

S’avance un prêtre au noble aspect.

La main qu’elle daigne lui tendre,

Mère, il la baise avec respect. »

LA MÈRE

« Pour être évêque, à cette ouaille.

Par lui que d’encens est offert;

Par lui qui va parler d’enfer Au pécheur mourant sur la paille! »

— Ah! je voudrais, dit la fille à part soi.

Devenir maîtresse d’un roi.

LA FILLE

<( Voilà que passe devant elle Une noce de villageois.

L’épousée en parait moins belle; L’époux va rougir de son choix. »

DK BÉRANGER.

LA MERE

« Non; ne crains rien. Dans leur cabane

La misère a trop bien compté

Les sueurs qu’au peuple ont coûté

Les vices de la courtisane. »

— Ab! je voudrais, dit la tille à part soi, j ri .

'i J , ! Bis.

' Devenir maîtresse d un roi. )

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