‹ Dernières chansons de P.J. Bèranger 1834 à 1851 avec des notes de Béranger sur ses anciennes chansonsChapitre 105 sur 182 · ADIEU · texte numérisé non relu

ADIEU

\ in : Te souviens-tu, disait un capitaine ; ou : Air nouveau de M. L. Abadie.

France, je meurs, je meurs; tout me l'annonce. Mère adorée, adieu. Que ton saint nom Soit le dernier que ma bouche prononce.

Aucun Français t’aima-t-il plus? Oh! non.

Je t’ai chantée avant de savoir lire;

Et, quand la mort me tient sous son épieu,

En te chantant mon dernier souffle expire.

À tant, d’amour donne une larme. Adieu !

Lorsque dix rois, dans leur triomphe impie, Poussaient leurs chars sur ton corps mutilé.

De leurs bandeaux j’ai fait de la charpie Pour ta blessure, où mon baume a coulé.

Le ciel rendit ta ruine féconde;

De te bénir les siècles auront lieu;

Car ta pensée ensemence le monde.

L’Égalité fera sa gerbe. Adieu !

Demi-couché, je me vois dans la tombe.

Ah! viens en aide à tous ceux que j’aimais.

Tu le dois, France, à la pauvre colombe Qui dans ton champ ne butina jamais»

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