‹ Dernières chansons de P.J. Bèranger 1834 à 1851 avec des notes de Béranger sur ses anciennes chansonsChapitre 13 sur 182 · ADIEU PARIS · texte numérisé non relu

ADIEU PARIS

Am :

Paris ma crié : Reviens vite !

Sa< lions si ta voix «a faibli.

Cesse au loin de vivre en ermite ; Reviens chanter ou crains l’oubli.

J’ai répondu : Dans ta mémoire, Paris, laisse mon nom péril*.

Cn vain ion soleil fait mûrir (îrandeur, plaisir, richesse et gloire ; Ici l’écho nie dit tout bas :

Ne t'en va pas. (Bis.)

Qu'en dites-vous dans ce feuillage, Oiseaux qu’aux temps froids je nourris ?

— Nous disons : Vive le village !

Connait-on l’aurore à Paris?

^ Klle entr’ouvre ici tes paupières Au chant des linots, des pinsons.

A nous tes dernières chansons,

A toi nos chansons printanières.

Et puis l’écho redit tout bas .

Ne t'en va pas.

DE DERANGEE.

Qu’en dites-vous, fleurs dont j’étanche La soif au déclin des longs jours?

— Que sagement ton front qui penche A brisé le joug des amours.

Plein d’une tendre souvenance,

Cultive en paix nos doux présents :

Nous garderons à tes vieux ans Pour chaque jour une espérance.

Et puis l’écho redit tout bas :

Ne t’en va pas.

Qu’en dites-vous, flots de la Loire,

Voisins du seuil cher à mes goûts?

— Que dans leur cours fortune et gloire Sont plus variables que nous.

Pour qu’en ton sein la peur redouble Au moindre songe ambitieux,

Vois ce fleuve capricieux :

Plus il monte, plus il est trouble.

Et puis l’écho redit tout bas :

Ne t’en va pas.

Qu’en dites-vous, vous qu'à mon âge .Pose planter, arbres naissants?

— Que du soin mis à ce bocage Tu nous verras reconnaissants.

Des maux d’autrui l’àme oppressée,

Quand tu rêveras dans ces lieux,

Grands alors, nous pourrons des deux Montrer la route à ta pensée.

Et puis l’écho redit tout, bas :

Ne l’en va pas.

Arbres et flots, oiseaux et roses,

Oui, je vous crois; adieu Paris.

Je m'amuse aux plus simples choses, Quand je pense à Dieu, je souris.

Que me faut-il? Un peu d’ombrage.

Quelques pauvres pour me bénir,

Ut, pour le long somme à venir,

Le cimetière du village.

Aussi l’écho redit tout bas :

Ne t’en va pas. (Bis.)

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