‹ Dernières chansons de P.J. Bèranger 1834 à 1851 avec des notes de Béranger sur ses anciennes chansonsChapitre 175 sur 182 · LA MARQUISE DE PRETINT AILLE · texte numérisé non relu

LA MARQUISE DE PRETINT AILLE

iVoTE XC1V. — Am tilre. — Après avoir attaqué les anciens marquis par la chanson du Marquis de Carabas , il y avait justice à se jouer des anciennes marquises. La politique n’est pas le seul côté faible de ces dames : elles offrent d’ailleurs une pâture à la satire, et le type de la marquise de Pretin taille n’est pas tout d’invention. Dans le dernier couplet, l’auteur fait allusion à la fameuse noie secrète , ouvrage d’un comité ultra-congréganiste qui sollicitait auprès des cours étrangères la rentrée en France des soldats de la Sainte Alliance des rois.

A voir Béranger s’en prendre si souvent à la noblesse, quelques personnes de cette caste ont supposé qu’il avait le regret de n’êtrc pas né, comme disent ces messieurs et ces daines. Jamais accusation ne fut moins fondée. Notre auteur n’a jamais connu que l’ambition littéraire, encore d’une manière fort modérée. Jamais supériorité sociale n’a pu le choquer personnellement; on peut même ajouter qu’il n’eut jamais à en souffrir; mais iL regardait les privilèges de naissance comme une contradiction avec les principes de notre Révolution et comme un obstacle au bonheur de son pays. De là vient la guerre qu’il a cru devoir leur faire, guerre bien justifiée par la conduite de presque tous les hommes de caste. Béranger a vécu dans un temps où il était si facile de se faire passer pour noble, que, s’il eût eu cette fantaisie, il eut pu la satisfaire, surtout à l’aide de la particule qui accompagne son nom. Loin de là, il sympathisait, par des sentiments de justice cl d’humanité, avec les classes inférieures, et il s’est toujours fait un plaisir de rappeler qu’il était né dans cette foule populaire, au progrès et à la consolation de laquelle il a consacré presque toutes ses inspirations. (Xo!r de Béranger.)

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