‹ Dernières chansons de P.J. Bèranger 1834 à 1851 avec des notes de Béranger sur ses anciennes chansonsChapitre 22 sur 182 · B F. BÉRANGER · texte numérisé non relu

B F. BÉRANGER

Oui, puisqu’elle a sauvé la France.

Sa mission venait de Dieu.

Faut-il une pure victime j Au salut des peuples souffrants,

I Dieu, pour ce dévouement sublime,

\ Choisit une âme aux derniers rangs,

<( Honte et malheur à (pii l’outrage, Vierge, sœur des plus grands héros !

Que le ciel châtie en notre âge Les Anglais, tes lâches bourreaux !

De leur orgueil ils vont descendre,

Et le Dieu dont la voix t’arma Pour leurs fronts a gardé la cendre Du bûcher qui te consuma. »

Alors, oubliant qui l’écoute,

11 s’écrie : « Anglais inhumains,

Comme elle, ici, bientôt sans doute.

Je sortirai mort de vos mains.

Mais, pour braver vos sentinelles,

Pour fuir vos brutales clameurs,

Jeanne au bûcher trouva des ailes,

Et moi, depuis cinq ans je meurs î »

L’enfant, à ces mots, fond en larmes;

Le vieux soldat s’en attendrit.

« — Près de nos geôliers sous les armes.

Vois ton père qui te sourit.

Cours le chercher ; ma force expire ; Cours : c’est son bras qu’ici j’attends.

fit

Hélas ! ?ans nie voir lui sourire, Mon fils pleurera bien longtemps. »

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