‹ Dernières chansons de P.J. Bèranger 1834 à 1851 avec des notes de Béranger sur ses anciennes chansonsChapitre 33 sur 182 · JE SUIS MÉNÉTRIER · texte numérisé non relu

JE SUIS MÉNÉTRIER

Ain : Eh! ma mère, e.st-c’ que j’ sais ça?

Pour adoucir de la vie L’hiver sombre et rigoureux,

Au ménétrier j'envie

Son art qui fait tant d’heureux.

Je voudrais, même aux guinguettes, Dire en faveur des amants :

Allons, gai! dansez, fillettes! j Laissez causer vos mamans. )

Quand je vois de pauvres belles Tout un soir lire ou bailler,

Pour leurs cousins et pour (‘lies Mon talent saurait briller.

Plus que valses et fleurettes Leur nuisent vers et romans.

Allons, gai! dansez, fillettes!

Laissez causer vos mamans.

Miracle! ma vieille Ivre Se transforme en violon.

Aux champs on vient me sourire; On me cajole au salon.

Combien j’ai d’anciennes dettes A payer aux cœurs aimants!

Allons, gai! dansez, fillettes!

Laissez causer vos mamans.

La gloire, mère égoïste De fous à grand bruit vantés, Tient compagnie assez triste A ces vieux enfants gâtés.

Je préfère à ses trompettes Le plus faux des instruments. Allons, gai! dansez, fillettes.

Laissez causer vos mamans.

Plaisir d’autrui me caresse;

Un archet me sert au mieux.

Déjà la folle jeunesse Me pardonne d'ètre vieux.

Demoiselles et grisettes,

A vous mes derniers moments.

Allons, gai! dansez, fillettes! ) Laissez causer vos mamans. )

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