‹ Dernières chansons de P.J. Bèranger 1834 à 1851 avec des notes de Béranger sur ses anciennes chansonsChapitre 36 sur 182 · LE CHASSEUR · texte numérisé non relu

LE CHASSEUR

Am :

« Pelils oiseaux, que j’aime entendre Vos concerts dans ces houx épais !

Votre chanson, joyeuse ou tendre,

Est pour mon cœur l’hymne de paix.

Mais craignez les lacs qu’on peut tendre.

Le bonheur fait tant de jaloux!

Taisez-vous, oiseaux, taisez-vous.

« Vient un chasseur; son pas redouble.

Malgré ses chiens, point de gibier.

S’il allait, de son fusil double,

Faute de mieux, vous foudroyer ?

Ah! maudit soit l’homme qui trouble L’écho que vous rendez si doux !

Taisez-vous, oiseaux, taisez-vous.

DK BÉRANGER.

« Rien n arrête tics mains cruelles.

Las ! J’ai vu des chasseurs, un jour, Abattre au vol deux hirondelles Dont je saluais le retour.

Vos chansons attendriront-elles

L’enfant qui s’arme de cailloux?

Taisez-vous, oiseaux, taisez-vous.

« Charmants oiseaux, connaissez l'homme :

Qu'il soit boucher, soldat, chasseur,

11 fusille, il sabre, il assomme,

Et trouve au sang de la douceur.

Les moins cruels sont ceux qu’on nomme Bourreaux ; soit dit bien entre nous.

Taisez-vous, oiseaux, taisez-vous. »

Don Dieu ! c’est le chasseur qui tire î 11 blesse à l'aile une perdrix.

Son chien la prend ; pauvre martyre !

Le chasseur, que gênent ses cris,

Lui brise la tête ; elle expire.

Ce soir, il médira des loups.

« Taisez-vous, oiseaux, taisez-vous.

11 s’éloigne. Son œil avide

Voit un chevreuil au bord du bois.

A l’abri de l’arme perfide,

Laissez éclater votre voix.

Mais si demain, le carnier vide,

11 passe encor près de ces houx, Taisez-vous, oiseaux, taisez-vous. »

I) EHMEHES CliA.NSONS

ÜS

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