‹ Dernières chansons de P.J. Bèranger 1834 à 1851 avec des notes de Béranger sur ses anciennes chansonsChapitre 37 sur 182 · LA RIVIÈRE · texte numérisé non relu

LA RIVIÈRE

Am : C’est à mon maître en l’art «lu plaire.

u Où cours— tù, rivière amoureuse ?

— Je cours au pied des rocs penchants Fournir une herbe vigoureuse

Aux troupeaux, nourriciers des champs

« — Puis, où va ton onde limpide?

— Sur un sol qu’épuise l’été,

Au gré du travail qui me guide, J’épanche la fécondité.

« Puis, avant d’être navigable,

Sur les grains et sur les métaux,

Je lais, d’un bras infatigable,

Mouvoir la meute et les marteaux.

« — Parle donc, naïade charmante,

Des soirs où, dans tes flots chéris,

Vient se jouer ma noble amante, Nymphe aux champs, déesse à Taris.

« Qu’importe et moulins el culture Kl troupeaux, quand, sous ces lilas.

De la céleste créature Les flots caressent les appas !

« La voici. Que mon luth fidèle

La chante au doux bruit de les flots.

Ne les épanche que pour elle ;

Prèle à ma voix tous tes échos.

« Aux vils travaux de notre terre

Cesse enfin de livrer ton cours;

Plus pure, enivre et désaltère La poésie et les amours. »

Qui parle ainsi? C/est Came folle D’un poète qui; dans ce lieu,

Oublie aux pieds de son idole Ceux qui travaillent devant Dieu.

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