LA FILLE DU DIABLE
Am «lu ballot ilos Piorrols.
Dans un cas toi aux bords de l'Aisne,
Un soir, voilà cent ans et plus,
Devant la belle châtelaine, (
Un moine disait Y Angélus.
Il tombe en extase. 0 merveille !
L’esprit tient son corps entravé.
Puis le saint homme se réveille En s’écriant : « Il est sauvé!
«< — Qui donc? dit la dame an bon Père.
— Satan, ma Fille; il rentre au ciel.
Le Christ a su de la vipère Changer tous les poisons en miel.
Pour le voir, j’ai du grand prophète Pris le char au brûlant essieu.
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La loi d'amour est satisfaite:
Le ciel s’agrandit : Gloire à Dieu !
« Satan, sous les traits d'un jeune homme, L'an où la comète apparut,
Surprit une vierge de Rome Qui le rendit père et mourut.
Lui père, et père d’une tille !
Il la prend et d’un ton amer
Lui dit : « Pour tout bien de famille
« N’attends qu’une part de l'Enfer. »
« Mais l'enfant semble lui sourire.
U s’en émeut : « Se pourrait-il « Que mon tyran, calmant son ire,
« Voulut adoucir mon exil?
« A sa haine Dieu faisant trêve,
« Quelque espoir me fût-il rendu,
« Comment sauver la tille d’Ève « De ce monde que j’ai perdu?
« Quoi ! des pleurs mouillent ma paupière î « Pleurer, moi ! Dieu me le défend.
(( Si je savais une prière,
« Je la dirais pour cette enfant.
« Très-Haut, qu’a bravé mon audace,
« Si mes maux ne te satisfont,
« Qu'au ciel un jour ma fille ait plan»,
« Et fais-moi l’Enfer plus profond ! »
« Est-ce le roseau que Dieu brise?
Maudirait-il la tille? Oh! non.