‹ Dernières chansons de P.J. Bèranger 1834 à 1851 avec des notes de Béranger sur ses anciennes chansonsChapitre 53 sur 182 · LA FILLE DU DIABLE · texte numérisé non relu

LA FILLE DU DIABLE

Am «lu ballot ilos Piorrols.

Dans un cas toi aux bords de l'Aisne,

Un soir, voilà cent ans et plus,

Devant la belle châtelaine, (

Un moine disait Y Angélus.

Il tombe en extase. 0 merveille !

L’esprit tient son corps entravé.

Puis le saint homme se réveille En s’écriant : « Il est sauvé!

«< — Qui donc? dit la dame an bon Père.

— Satan, ma Fille; il rentre au ciel.

Le Christ a su de la vipère Changer tous les poisons en miel.

Pour le voir, j’ai du grand prophète Pris le char au brûlant essieu.

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La loi d'amour est satisfaite:

Le ciel s’agrandit : Gloire à Dieu !

« Satan, sous les traits d'un jeune homme, L'an où la comète apparut,

Surprit une vierge de Rome Qui le rendit père et mourut.

Lui père, et père d’une tille !

Il la prend et d’un ton amer

Lui dit : « Pour tout bien de famille

« N’attends qu’une part de l'Enfer. »

« Mais l'enfant semble lui sourire.

U s’en émeut : « Se pourrait-il « Que mon tyran, calmant son ire,

« Voulut adoucir mon exil?

« A sa haine Dieu faisant trêve,

« Quelque espoir me fût-il rendu,

« Comment sauver la tille d’Ève « De ce monde que j’ai perdu?

« Quoi ! des pleurs mouillent ma paupière î « Pleurer, moi ! Dieu me le défend.

(( Si je savais une prière,

« Je la dirais pour cette enfant.

« Très-Haut, qu’a bravé mon audace,

« Si mes maux ne te satisfont,

« Qu'au ciel un jour ma fille ait plan»,

« Et fais-moi l’Enfer plus profond ! »

« Est-ce le roseau que Dieu brise?

Maudirait-il la tille? Oh! non.

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