DE BEU A. N G ER
Celte enfant qu'on porte à l'église De Marie a reçu le nom.
Elle est remise en des mains pures.
Il s'v connaît, le tentateur
Qui couvrit de tant de souillures Le chef-d'œuvre du Créateur.
« A l'Enfer Satan infidèle Veut voir Marie, et, chaque jour,'
Se déguisant mieux, sent près d’elle Son cœur renaître au pur amour.
La caresser, il l'ose à peine.
Craignons, dit-il, de la flétrir. »
Kden a vu, sons mon haleine,
Eu un jour ses roses mourir.
« Sur lui bientôt régne Marie,
Colombe dont il suit l’essor.
Tout haut pour son père elle prit».
Et fait aumône de son or.
Même il lui révèle des charmes Contre les maux qu’on peut guérir :
Tant le triste auteur de nos larmes Se plaît «à les lui voir tarir.
• « Marie, à quinze ans, sainte et belle, Est admise à communier.
Il tremble. Fille du rebelle,
Si Dieu fallait répudier!
Mais de l’église elle est la joie.
Pour la voir, il court se tapir
DERNIÈRES f. HA N SON S
Dans l'orgue, qui soudain envoie Jusqu'au ciel un profond soupir.
« Sitôt qu’à genoux et bénie Kl le a pris le pain rédempteur,
Satan mêle à Ilots l’harmonie Aux chants du temple inspirateur.
Sous sa main l’orgue austère et. tendre N’a plus rien d'un inonde mortel;
Et les anges, pour mieux l'entendre, Descendent jusque sur l'autel.
« Mais, dans ces pompes de l’Eglise, Marie et chancelle et pâlit.
Son cœur, trop plein de Dieu, se brise; Sa foi la tue et l’embellit.
Elle tombe aux bras de son père.
Fait, homme, il se trouble d’abord, domine un de nous se désespère,
Et sent tout le mal de ta mort.
« Elle n’esl plus. Amour, science,
Bien n'y peut : Dieu le voulait donc.
Satan n’eut jamais de souffrance Qui comptât plus pour son pardon.
Va-t-il sur la foule attendrie Itenverser les murs du saint lieu?
Aon, il voit lame de Marie
Hemonter brillante à son Dieu.
« S'il lui cache quel est son père,
* Ah! dit-il, que Dieu Soif béni
Dli BÉRANGER.
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« Dans mon royaume, affreux repaire, « Retombons seul, pauvre banni. »
Là, s'accusant à ses complices De sa révolte et de leurs lorts.
Il souffre de tous les supplices,
Il saigne de lous les remords.
« Pour moi, seule étoile qui brille « Dans ce ciel que Dieu m'a fermé,
« Pour moi, dit-il, prie, orna fille!
« Prie, o toi qui m'as seule aimé ! »
Mais au ciel le Christ, qui l’écoule,
Voit aux éternelles douleurs Quel poids le repentir ajoute ; lût ses yeux en versent des pleurs.
« Un fie ces pleurs, sources fécondes,
A travers l'amas des soleils,
A travers la foule des mondes Aux sombres nuits, aux jours vermeils, A travers tout l'espace immense Que Dieu peupla dans un instant ,
Ce pleur de céleste clémence Tombe sur le cœur de Satan.
« lût soudain l'archange rebelle
Reprend sa gloire et sa beauté, lût, d'un seul élan de son aile, Près du Christ il est remonté.
Marie est là pour lui sourire:
D'amour pur il est abreuvé.
Le mal enfin perd son empire :
La fille d’Eve a tout sauvé. »
Le bon moine, après celte histoire, Poursuit : « Les temps sont révolus.
L’Enfer n'est plus qu’un Purgatoire D'où l’on entrevoit les élus.
J'ai chanté sur le char d'Élie,
Avec les séraphins joyeux,
La Vierge qui réconcilie
Sainls et pécheurs, enfers et eieux.
« Madame, à pied je pars pour Rome, Pomme a fait saint Paul autrefois.
Pour prêcher sur le sorl de l’homme, Le pape déliera ma voix.
Le (Ihrist veut qu'en ces murs célèbres J aille annoncer aux cœurs aimants Ou'il n'est plus d'anges des ténèbres, (Ju'il n'est plus d'éternels tourments. »