‹ Dernières chansons de P.J. Bèranger 1834 à 1851 avec des notes de Béranger sur ses anciennes chansonsChapitre 77 sur 182 · LANCE · texte numérisé non relu

LANCE

»< Non; niais sais-tu combien sur le malheur Elle a versé d’espérance et de rêves ;

Combien versé de baume à la douleur !

Le pauvre, en songe, atteignait aux délices Des plus grands rois : Dieu point ne le défend, Ce Dieu qui sait de quoi pleure l’enfant,

Et qui bénit le doux chant des nourrices. »

Sous un ciel sombre et les vents et les Ilots Poussent au loin de funèbres sanglots.

« Vient un savant que la vapeur amène.

La fée en rose était changée alors.

11 s’en saisit, l’effeuille; ù phénomène!

Son doigt la tue : à ses pieds roule un corps, Un corps de vierge à la beauté divine La mer, dit-il, jusqu’ici l’a jeté.

Car la science, aveugle majesté,

Ne croit à rien qu’au peu qu’elle devine. »

Sous un ciel sombre et les vents et les Ilots Poussent au loin de funèbres sanglots.

«< Le savanl passe. Elle, aux concerls célestes, Moule en esprit, et d’énormes oiseaux Viennent creuser une fosse à ses restes.

Va croître un if où dormiront ses os.

Sur les débris d’un antique trophée,

Ombre immortelle, un barde en ce moment Apparaît là : Guerrier, poète, amant,

DK BÉRANGER.

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Pleurez, dit-il : vous n’avez plus de fée. »

Sous un ciel sombre et les vents et les Ilots Poussent au loin de funèbres sanglots.

« Je vois dans l'air tous les dieux de l’Attique ; Tous ceux du Nord, du Nil et de ITndus.

Ces vieux parents de la vierge celtique Vont l’entourer d’honneurs qui lui sont dus.

Prêtre, ainsi qu’eux du ciel favorisée,

Elle eut pour sœur la vierge que tu sers.

Dieu brille au fond de vos cultes divers,

Connue l’aurore aux gouttes de rosée. »

Sous un ciel sombre et les vents et les Ilots Poussent au loin de funèbres sanglots.

LE PRÊTRE

« Mais de son culte a peine a-t-on mémoire .

Contre l’oubli Dieu défend ses desseins. »

l’ange.

« D’un Empvrée elle eut sa part de gloire, Temples, autels, prêtres, martyrs et saints.

Longtemps par elle a surnagé la race Des nations que lui soumit le sort.

Né de leur sang, vieux Breton, plains sa mort, Dernier soupir d’un monde qui trépasse. » k Sous un ciel sombre et les vents et les Ilots Poussent au loin de funèbres sanglots.

LE PRÊTRE

« (Juoi î pur esprit, vous allez sur sa tombe Vous joindre aux dieux, mensonges du passé? »

VM

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