I>K BÉRANGER
Vient d’apparaître un messager des cieux.
C’est un ange. Oui : l’auréole, les ailes,
Tout le lui prouve. 11 se signe, et soudain, Malgré la bruine, il voit dans son jardin Oiseaux s’ébattre et lleurs briller plus belles. Sous un ciel sombre et les vents et les Ilots ; Poussent au loin de funèbres sanglots.
Parmi ses lleurs l’ange aussitôt moissonne.
« Ah ! dit le prêtre, il veut parer nos saints. » L’Ange sourit : « Pour mettre une couronne Sur un tombeau, je te fais ces larcins,
Dit-il ; entends des plaintes étouffées Traverser l’air; vois ce ciel triste et noir.
Dans l’anse où croule un noble et vieux manoir, Vient de mourir la dernière des fées. »
Sous un ciel sombre et les vents et les Ilots Poussent au loin de funèbres sanglots.
« Comment! chez nous, encore un pareil être! »
« Certes; bien loin des savants, des penseurs, Sous le dolmen qui jadis la vit naître,
Dieu lui permit de survivre à ses sœurs.
Croire à ses dons tenait lieu d’abondance; D'heureux efforts naissaient de vœux ardents; Meme à sauver vos pécheurs imprudents La bonne fée aidait la Providence. »
Sous un ciel sombre et les vents et les flots Poussent au loin de funèbres sanglots.