‹ Dernières chansons de P.J. Bèranger 1834 à 1851 avec des notes de Béranger sur ses anciennes chansonsChapitre 94 sur 182 · MES FLEURS · texte numérisé non relu

MES FLEURS

Am : Charmant Tuisseau.

Modestes fleurs, empressez-vous d’éclore :

Déjà bien vieux, j'ai hâte de vous voir.

De votre éclat, vile, égayez l’aurore; j De vos parfums, vite, embaumez le soir. \ Bls

Fleurir demain serait trop tard peut-être :

Pour les vieillards tout flot cache un écueil. Ce beau soleil qui vous invite à naître Peut, dès demain, briller sur mon cercueil.

Bis.

Le choléra revient, affreux vampire,

Typhus vengeur de l’Indien opprimé, hclosez donc, fleurs; que du moins j’aspire |

Son noir venin dans un air parfumé. ( B * s '

C rendent encor les canons dans la ville; D’horribles cris nos échos sont tremblants!

Si jusqu’ici vient la guerre civile.

Croissez, mes fleurs, entre ses pieds sanglants.

Bis

Fleurs, vous aussi, vous avez vos souffrances. Le ver est là, le vent peut accourir.

Moi, qui longtemps ai vécu d'espérances, )

Que de boutons j’ai vus ne pas fleurir! 1 Bt *

Ne craignez pas que ma main vous moissonne :

Vieux, je n ai plus de bouquets à donner De vous mon front n’attend plus de couronne; i Je pars en roi qu’on vient de détrôner. f Bis ‘

Las du combat, des folles théories.

Las de nombrer les taches du soleil,

Que n ai-je enfin, sous vos tig&s fleuries, j Im lit creusé pour mon dernier sommeil ! )

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