‹ Dernieres chansons de P.J. de Béranger, 1834 a 1851, avec des notes de Béranger sur ses anciennes chansonsChapitre 108 sur 149 · PLIS DE POLITIQUE · texte numérisé non relu

PLIS DE POLITIQUE

Noie XI.VIII. — A lu date. — Pouf la seconde foi*- l'ennemi était sous les murs de Paris, dont la résistance ne devait pas durer, quand l'auteur fit celte chanson. Elle est bien différente, pour le ton, de celle qu'il avait faite un an auparavant, à peu près en pa reille circonstance. 11 commençait à sentir qu'on lui permettrait de prendre des accents plus graves pour parler îles grands événements qui répandaient tant de tristesse dans le peuple. Le succès qu'obtint cette chanson le confirma dans l'idée qu'il avait que le peuple, depuis la Révolution, élanl entré pour quelque chose dans ses propres affaires, il fallait que le genre qu'on disait être l'expression des sentiments populaires prit enfin tous les ton^ poui répondre à ces mêmes sentiments. L'éloge de l'amour et du vin ne devait être le plus souvent que le cadre îles idées qu'il fallait que la chanson exprimât désormais, au moins à une époque où toutes les circonstances un peu importantes réagissaient sur des masse: nombreuses et sur des individus plus éclairés. Note de Biranger.

A MON AMI DÉSATJGIERS

Note XL1X. — Au sous-lilre. — l'eu de temps après la seconde Restauration, Désaugiers fut nommé directeur du théâtre du Vaudeville. Déranger voyait encore fréquemment cet homme aimable, qui, jusque-là, avait semblé respecter les opinions de ceux qui ne pensaient ni n'agissaient comme lui. 11 se lit un plaisir de lui adresser cette chanson, où à des éloges mérités se mêlaient quelques idées patriotiques.

Dans les éditions de 1821 et suivantes, Déranger eût éprouvé de la peine, quoique toute intimité eut cessé entre Désaugiers et lui. à effacer le mot ami placé en tète de cette chanson. 11 connaissait trop bien Désaugiers pour lui en voulqir de quelques torts de conduite qui tenaient à la faiblesse de son caractère, et que même il n'aurait jamais eus, s'il n'eut été entouré que d'amis véritables. Ce joyeux chansonnier fit lui même savoir à Déranger combien il regrettait de n'avoir pas continué d'être en rapport avec lui. Ce regret était partagé. Mais un des résultats les (dus tristes de-, dissensions politiques, c'est que non-seulement elles divisent les hommes les plus farts pour s'aimer, mais que le temps, eu rapprochant enfin les partis les plus opposés, ne renverse pas toujours les barrières que les opinions ont élevées entre ces mêmes hommes. [Noie de Béranger.)

Désaugiers est mort le 9 août 1827. \No.e de l'Éditeur.)

DE H Kl'. VNGER.

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