‹ Dernieres chansons de P.J. de Béranger, 1834 a 1851, avec des notes de Béranger sur ses anciennes chansonsChapitre 109 sur 149 · LE VILAIN · texte numérisé non relu

LE VILAIN

Note h. — Au litre. —(Cette chanson, dans l'édition de 1821, porte la date de 1S15.) — Né d'un père qui, trompé par quelques traditions vagues, noyait à la noblesse de sa famille, bien qu'il ne fût que le fils d'un eabaretier du village de Flamicourt, près de Péronne, et qui ajoutait toujours à son nom la particule nobiliaire, Béranger la reçut dans ses actes de naissance. 11 ne s'en serait jamais paré, sans la nécessité où il fut d'établir une différence entre son nom et celui de plusieurs Béranger qui, lors de son début, avaient quelque réputation littéraire. Ayant vu plusieurs de ses vers attribués à un M. Bérenger de Lyon, qui eut à souffrir de cette erreur, les vers étant fort mauvais, il prit le de vers 1812, et le fit même précéder des initiales de ses noms patronymiques (Pierre-Jean i. A la Restauration, il continua designer ainsi ses chansons, regardant comme ridicules ces altérations de noms, espèce de concession qui n'est qu'une faible garantie politique. Il était bien sur d'en pouvoir donner d'autres. Longtemps le faubourg Saint-Germain le crut vraiment noble, même encore après la chanson du Vilain, ce qui ne contribua pas peu a augmenter la haine qu'il inspirait. Quand il eut enfin bien établi sa roture, ces messieurs et ces darnes disaient alors que c'était parce qu'il était sans naissance qu'il faisait la guerre aux privilèges.

Le troisième couplet de cette chanson fait allusion à tous ces hommes d'ancienne noblesse qui, las d'une retraite forcée dans leurs châteaux, sollicitèrent des emplois dans l'antichambre du nouveau Charlemagne.

Le nom de Merlin l'enchanteur ne peut donner lieu à aucune interprétation. Ce nom ne fui illustré sous l'Empire que par le plus fameux de nos jurisconsultes, qu'on laissa mourir en exil, et qui n'eut rien à débattre avec les domestiques du prince. (Note de Béranger.)

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