‹ Dernieres chansons de P.J. de Béranger, 1834 a 1851, avec des notes de Béranger sur ses anciennes chansonsChapitre 25 sur 149 · I. \ COURONNE RETROUVEE · texte numérisé non relu

I. \ COURONNE RETROUVEE

Bon Dieu! que vois-je? une couronne Dont chaque rose ;i plus de trente hivers '.

Où, malgré l'orgueil qu'il nous donne, Sèche un laurier peu respecté des vers. C'est un débris <lu temps où ma naissance Etail fêtée, hélas! comme un heau jour.

f,e laurier parlait d'espérance :

fies Heurs parlaient d'amour.

Quel souvenir de ma jeunesse Le sort moqueur me fait là retrouver!

0 jours de joie et de tendresse!

Nous n'étions rien; nous pouvions tout rêvei Amis si gais, maîtresse folle et bonne, Nul astre encore à mon œil n'avait lui

Quand vos mains tressaient la couronne Qui m'attriste aujourd'hui.

Oui, ces fleurs onl paré ma tête Dans un banque! d'enivrante gaieté,

Un seul de nous donnait la fête :

Ami discret, doux à ma pauvreté.

[.as! il n'est plus; mais j'entends sa parole. « Chante, dit-il, tandis que nous passons. »

de m; li A M, Kl;

Et sa belle àme un jour s'envole Au bruil de nos chansons.

El ces convives si fidèles, Au joyeux chanl qui rend l'aï plus doux:

Une plus tard j'ai pris sous nies ailes, Pensent-ils même à moi, qui penseà tous? Oiseaux charmants, au souvenir volage, Tous sonl épars, chacun dans son enclos.

.Vous n'avons plus le même ombrage, Plus les mêmes échos.

Kl la beauté tendre el rieuse Qui de ces fleurs me couronna jadis?

Vieille, dit-on, elle esl pieuse:

Tous nos baisers les a-t-elle maudits?

J'ai cru que bien pour moi bavait l'ail nailre .Mais l'âge accourt qui vient tout effacer.

0 boule! ci s;i i is la reconnaître, ■le la verrais passer '.

Cette couronne si flétrie lui belle aussi le jour où je l'obtins.

Quelle àme esl à ce point tarie.

D'être sans pleurs pour ses amours éteinls? Aux lonys regrets la mienne s'abandonne. De mon bonheur unique el vain lambeau.

Ah! que n'as-lu, pâle couronne, Séché sur mon tombeau !

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