‹ Dernieres chansons de P.J. de Béranger, 1834 a 1851, avec des notes de Béranger sur ses anciennes chansonsChapitre 36 sur 149 · LA TOURTERELLE · texte numérisé non relu

LA TOURTERELLE

Vous, gémir, papillon charmant!

D'où vous peut venir la tristesse?

Nature avec délicatesse Vous brode un si beau vêtemenl '.

Des plaisirs vous êtes l'emblème.

Près de la rosi' qui vous aime, \ mis, gémir, papillon charmanl '

LE PAP1LL0M

Tourterelle, chère aux amours, llt'Tis ! j'ai perdu mou amie :

DE BKRANGER. 115

Un enfanl l'a prise endormie

Sur un lis, et voilà trois jours.

Tout m'est deuil, deuil sans espérance.

Qui sent mieux que vous ma souffrance.

Tourterelle, chère aux amours?

LA rODRTERELLE.

Beau papillon, consolez-vous :

Vous plairez à d'autres amantes.

Les tourterelles sont aimantes.

Mais sans excès pour leurs époux.

Si l'un part, d'un autre on s'affole.

Meurt-il, on pleure et l'on convole.

Beau papillon, consolez-vous.

LE PAPILLON

Tous deux ensemble étions éclos;

Ensemble avions pris la volée;

Tous deux allant par la vallée,

Par les champs, les prés, les enclos;

Dans l'air nous nous touchions de l'aile

Je ne sais pas vivre sans elle.

Tous deux ensemble étions éclos.

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