‹ Dernieres chansons de P.J. de Béranger, 1834 a 1851, avec des notes de Béranger sur ses anciennes chansonsChapitre 4 sur 149 · LE PHÉNIX · texte numérisé non relu

LE PHÉNIX

An: :

Jadis, en des climats lointains,

Vïvail sur de fertiles plages

Une république de sages

Heureux des plus obscurs destins.

Le phénix vinl sur l'autre rive.

Vite, à sa cour il les fit appeler.

Sun héraut criait : « Qu'on nie suivi1 ! Dépêchez-vous; l'oiseau peut s'envoler. »

Partout l'esclave galonné

Va disant : ci Mon maître a des ailes

A couver vingt peuples fidèles;

Venez voir l'oiseau couronné.

Pas n'est besoin de vous l'apprendre, Au bien de tous il aime à s'immoler.

S'il meurt, il renail de sa cendre.

Dépêchez- vous ; l'oiseau pont s'envoler. »•

Nul ne bouge. Il ajoute encor :

« Ne pas le voir serait dommage.

Rien d'aussi beau que son plumage,

Sou bec de perle et ses pieds d'or.

Vrai soleil, sa riche couronne, Sur \os moissons daignant étinreler.

Les mûrirait, Dieu me pardonne!

Dépêchez-vous; l'oiseau peut s'envoler. ■■

M. BERAft'GEB. 21

Un vieillard enfin lui répond :

« Cesse, ami, tes vaines fanfares ; .

Noms préférons, nous, vrais barbares,

A ton oiseau poule qui pond.

Pourtant il nous plaît fort entendre Chanter linots, colombes roucouler.

Le chant du phénix esl inoins tendre:

C'esl chant royal ; l'oiseau peut s'envoler.

« Sache qu'en son bûcher fumant

Nos pères l'ont osé surprendre.

Qu'ont-ils découvert dans sa cendre?

Hélas! un cœur de diamant.

Tout être unique. en son espèce D'aucun amour n'a pouvoir de brûler.

Plaignez les rois, dit la Sagesse.

Nous les plaignons; l'oiseau peut s'envoler. »

LES CHANSONNETTES \ BRAZIEB

MON VOISIN A PASSY ET MON ANCIEN COLLÈGUE Al CAVEAU.

QUI, EN II' ENVOYANT SON RECUEIL, m'\ ADRESSÉ

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