‹ Dernieres chansons de P.J. de Béranger, 1834 a 1851, avec des notes de Béranger sur ses anciennes chansonsChapitre 3 sur 149 · UN A.NGE · texte numérisé non relu

UN A.NGE

A,„ de la Pipe de tabac, o«: J'ai vu partout daus mes voyages

D'où naît cette pure auréole Dont les rayons frappent mes yeux?

C'est un ange, un ange qui vole Entre mon front chauve el 1rs cieux.

Comme un doux luth sa voix m'attire, Et ses cheveux longs et flottants Embaument l'air que je respire Des plus doux parfums du printemps.

Oui, c'est un ange; carmes rides Feraient fuir la simple beauté Qui lirait dans mes yeux humides Des souvenirs de volupté.

DE DERANGER.

Mais l'ange aux gi àces innocentes, Presque heureux d'être venu tard, Sourit quand ses mains caressantes Réchauffent les mains du vieillard.

Cet anse écarte d'un coup d'aile Les songes hoirs qui m'étreignaient :

Il serait mon guide, fidèle Si mes faibles yeux s'éteignaient.

Au but de ma course éphémère Qu'enfin j'arrive harassé, Comme un nouveau-né par sa mère.

Sur son sein je mourrai berce.

Mais de mourir pourquoi parlé-je, Quand pour vivre il me tend la main?

Son souille a l'ail fondre la neige Qui cachait les fleurs du chemin.

Et pour ma soif, dans le voyage, De ses lèvres coulent toujours Des baisers plus doux qu'au jeune âge Ne m'en prodiguaient les amours.

.l'en suis donc sur, il est des anges Qui, vers nous prenant leur essor.

Au pauvre enfant donnent des langes, A la pauvre mère un peu d'or.

Vous, leur sœur, d'une âme ravie Agréez le mile pieux; Qu'avec vous j'achève la vie, Qu'avec vous je remonte aux cieux.

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