‹ Dernieres chansons de P.J. de Béranger, 1834 a 1851, avec des notes de Béranger sur ses anciennes chansonsChapitre 43 sur 149 · LA PLUIE · texte numérisé non relu

LA PLUIE

Ami. plus de promenade.

La pluie à Unis tombe ici.

Tombe à me rendre malade ; El le ciel n'en .1 souci.

Homme au roc se cloue uni' huitri Que la mer la\e en courant, Je reste auprès de la vitre \ voir passer le torrent.

Sous nus humides murailles Que transperce un air malsain, Je crois sentir les tenailles D'un rhumatisme assassin

A ce point l'ennui me gagne, Qu'en rêve, dans mon sommeil.

Je vole au fond de l'Espagne Pour me s >cher au soleil.

DE BKRAKGEH. l.'i

Au pied d'antiques arcades, J'ai, sur ces bords étrangers, Dos tentures de grenades Sous des voûtes d'orangers.

J'y vois fuir l'année entière, Loin des brouillards importuns, L'œil enivré de lumière, El le cerveau de parfums.

Mais, las de pèche et de chasse, L'Esquimau revient joyeux Subir sous son toit de glace La plus longue nuit des cieux.

De mon rêve je m'ennuie :

Adieu, ciel pur; adieu, tleui\s. Retournons, malgré la pluie, Aux bords où j'ai tous mes pleurs.

Je reviens où, tendre et folle, Ma jeunesse a tant chanté; Où le génie esl l'idole Qu'encense l?Égalité.

Dieu! notre ciel se dégage;.

Ami, viens, puisqu'il sourit, Viens, nous irons au village Voir si l'amandier fleurit.

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