‹ Dernieres chansons de P.J. de Béranger, 1834 a 1851, avec des notes de Béranger sur ses anciennes chansonsChapitre 57 sur 149 · L'OISEAU FANTOME · texte numérisé non relu

L'OISEAU FANTOME

La cantatrice jeune el belle

S'éveille au milieu de la nuit.

Qu'a-t-elle entendu? Ce doux bruit,

Est-ce uv\ chant d'amour qui l'appelle?

Non, c'est un fantôme léger,

L'ombre d'un oiseau qui l'éveille,

Qui sur son lit vient voltiger,

En lui murmurant à l'oreille :

« Pour votre voix docile à mes leçons j

Bis.

Du Paradis j'apporte des chansons. \

a Je suis l'âme toujours aimante Du rossignol apprivoisé Par vous, el par vous tant baisé.

Qu'il crut voir en vous une amante.

Que j'avais d'ardeur à chanter Lorsqu'eo rêve ou dans l'insomnie Aux longs efforts pour ni'imiter Vous mêliez les pleins du génie!

Pour vo're voix docile à mes leçons Du Paradis j'apporte des chansons.

« Un soir où la foule charmée Semait des fleurs autour de vous.

Votre singe, démon jaloux.

■1 bl.ll M I RES CH \ NSONS

Ouvrit in.i cage bien— aimée.

Dans si> ongles me voilà pris En ricananl il me déchire.

Votre gloire est sourde m mes cris; On vous couronne, et moi j'expire.

Pour voire voix docile à mes leçons

lin Paradis j'apporte 'le- chansons.

« Mais d'ailes mon âme esl pourvue.

Invisible à des yeux humains, Du ciel je franchis les chemins, Pourtanl sans vous perdre de \ ue.

Oli ! que de globes je parcours, Nefs qui de l'air fendenl les mêles ; Une d'hommes, d'oiseaux et d'amours J'entends chanter dans tous ces mondes!

Pour votre voix docile à mes leçons Du Paradis j'apporte des chansons.

« Aux plus éclatantes planètes L'homme retrouve ses aïeux, Sages, héros, saints, demi-dieux.

Affranchis de l'ombre où vous êtes. Plus ils en sont loin, plus s'accroîl L'intérêt qu'à leur âme inspire Le destin de ce globe étroit, Humble hameau d'un vaste empire.

Pour votre voix docile à mes li cous

Du Paradis j'apporte des chansons.

« L'homme, peuplanl l'infini même, De l'amour doit former les nœuds

i>e BÊR vm.i'.i;.

Entre ces aslres lumineux

Emanés du soleil suprême.

En des temps qui nous sont cachés,

Pieu resserrant son auréole.

Les mondes, enfin rapprochés,

S'éclaireront par la parole.

Pour votre voix docile à mes leçons |)u Paradis j'apporte des chansons.

h Moi, faillie oiseau, je vole encore;

Des miens plus haut j'entends la voix.

Un autre ciel s'ouvre, ou je vois

Du jour sans fin poindre l'aurore.

Chantres des bois, des champs, des eaux,

Forment là des chœurs de louanges.

Dieu permet aux petits oiseaux

De le chanter avec les anges.

Pour votre voix docile à mes leçons Du Paradis j'apporte des chansons.

« Mais l'amour me l'ail redescendre

Vers vous qui m'avez tant pleuré:

El, chaque nuit, je reviendrai

Avec des chants à vous apprendre.

Puissem vos accords enivrants,

Qu'à la terre le ciel envie.

Initier les cœurs souffrants

Aux merveilles d'une autre vie!

Pour votre voix docile à mes leçons (

Bis.

Du Paradis j'apporte des chansons. » )

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