LES TA M HOIRS
\u: : Faut <!' la vertu, oli
l'ambours, cessez votre musique; Rendez la paix à mon réduit.
J'aime peu votre politique, Kl moins encor j'aime le bruil.
Terreur des nuits, trouble des jours, Tambours, tambours, tambours, tambours, M'élourdirez-vous donc toujours, Tambours, tambours, maudits tambours!
Grâce à vos roulements slupides, .Ma vieille muse en désarroi Retrouve des ailes rapides, Mais c'est pour s'enfuir loin de moi.
Terreur des nuits, trouble des jouis, Tambours, tambours, tambours, tambours, M'étourdirez-vous donc toujours, Tambours, tambours, maudits tambours!
Quand la nappe ici se déploie.
Qu'on y t'ait trêve aux noirs frissons. Gronde un rappel; adieu la joie!
11 redouble ; adieu les chansons !
Terreur des nuits, trouble des jours, Tambours, tambours, tambours, tambours,
Bia.
20CJ DERNIERES I Il A \SONS
M'étourdirez-vous donc toujours, Tambours tambours, maudits tambours!
Je chantais un peuple de livre- :
Le tambour bal : j'avais rêvé.
Le sang de maints partis contraires
Fraternise sur le pavé.
Terreur des nuiis, trouble des jours,
Tambours, tambours, tambours, tambours,
M'étourdirez-vous donc toujours,
Tambours, tambours, maudits tambours!
Sous l'Empire ils ont fait merveiJle :
J'ai vu ces racoleurs puissants Du génie assourdir l'oreille, Étouffer la voix du bon sens.
Terreur des i mils, trouble des jours, Tambours, tambours, tambours, tambours, M'étourdirez-vous donc toujours, Tambours, tambours, maudits tambours!
Celui qu'à régner Dieu condamne, S'il veut faire en grand son métier.
Sait combien il faut de peaux d'âne Pour abrutir le monde entier.
Terreur des nuits, trouble des jours, Tambours, tambours, tambours, tambours, M'étourdirez-vous doue toujours, Tambours, tambour-, maudits tambours!
lui Fiance, où leur esprit domine, A l'église ils vont bourdonner.
DE B FRANGER. m
Tout charlatan se tambourine; Tout maii nul veut tambourine).
Terreur des nuits, trouble des jours.
Tambours, tambours, tambours, tambours, M'étourdirez-vous doue toujours, Tambours, tambours, maudits tambours!
Ils flattent jusque dans sa bière Le sot qui meurt chargé de croix; El lent vœu, chez la cantinière, De battre aux champs pour tous les rois. Terreur des nuits, trouble des jours.
Tambours, tambours, tambours, tambours, M'étourdirez-vous donc toujours.
Tambours, tambours, maudits tambours I
Nous, peuple épris en politique
Du tapage et des galons d'or.
Pour présider la République
Faisons choix d'un tambours-major.
Terreur des nuits, trouble des jours.
Tambours, tambours, tambours, tambours,
,„. .. . . / Hix.
M. etourdirez-vous donc toujours,
Tambours, tambours, maudits tambours
2118 DERNIÈRES "'H VNSONS
HISTOIRE D'UNE IDÉE \ip. de la Rosière de Salency.
Idée, idée! éveille-toi.
Vite, éveille-toi, Dieu t'appelle.
Sommeillait-elle au front d'un roi?
Au fronl d'un pape dormait-elle?
CHŒUR r>E BOURGEOIS.
Une idée a frappé chez nous.
Fermons notre porte aux verrous
D'un tribun ou d'un courtisan Est-ce l'ouvrage ou la trouvaille?
Non. Fille d'un simple artisan, Elle a vu le jour sur la paille.
CHŒUR DE BOURGEOIS
Une idée a frappé chez nous.
Fermons nuire porte aux verrous.
« Quoi! toujours, s'écrie un bourgeois,
« Des prétentions mal fondées!
» Pour rémeule encore une voix.
« .Nous n'avons eu que tropd'idées.
CHŒUR DE BOURGEOIS
lue idée a frappé chez nous.
Fermons notre porte aux verrous.
Bis.
De l'instilul les souverains Disent : « Sachez, petite QUe, « Que nous ne servons de parrains « Qu'aux enfants de noire famille. »
CHŒUR DU BOURGEOIS
Une idée a frappé chez nous.
Fermons notre poi te aux verrous.
In philosophe crie : « Eli quoi!
« Quelqu'un a cru, cervelle folle, « D'une idée accoucher sans moi!
o II n'en sorl que de mon école.»
CHŒUR DE BOURGEOIS
Une idée a frappé chez nous.
Fermons notre porte aux verrous.
Un prêtre dil : « Siècle de fer, « Ce qui naîl de toi m'épouvante.
« Toute idée est fille d'enfer :
i< Si Dieu créa, le diable invente. »
CHŒUR DE BOURGEOIS
Tue idée a frappe chez nous.
Fermons notre porte aux verrous.
Un charlatan, qui vient la voir.
L'escamote, fuit el répète :
h Sans tambour que peut le savoir?
u Que peut le savoir sans trompette? »
CHŒUR DE BOURGEOIS
Une idée a frappé chez nous.
Fermons notre porte aux verrous.
DERNIKRES i'll VNSONS
« Mais, malgré trompette el tambour, ii Cette idée esl sans doute ancienne, »
Se ilii chacun; et, I • à tour,
Chacun lui préfère la sienne.
cmiai; hl. BOI EtGEOIS.
I m' idée a frappé chez nous.
Fermons notre porte aux verrous.
PauA ri' idée '. Enfin, un Anglais L'achète : et le sir Britannique A Londres lui donne un palais, lin crianl : i C'esl ma fille unique ! »
CHŒUR DE BOURGEOIS
Une idée a frappé chez nous.
Fermons nuire porte aux verrous.
En Fiance, avec ce père intrus, Elle accourt. One d'or elle apporte!
Du fisc les valets malotrus Vile au nez lui fermenl la porte.
CHŒUR DE BOURGEOIS
Une idée a frappé chez nous.
Fermons notre porte aux verrous,
Mais en fraude admise à la cour,
I aniline anglaise on lui rend justice.
Son vrai père, le même jour, Pauvre et fou, mourait à l'hospice,
CHŒUR DE BOURGEOIS
lue idée a trappe' chez nous. )
v i , Bm
hermons notre porte aux verrous. )
1Œ BER \NY,F. li