‹ Dernieres chansons de P.J. de Béranger, 1834 a 1851, avec des notes de Béranger sur ses anciennes chansonsChapitre 70 sur 149 · LES BENEDICTIONS · texte numérisé non relu

LES BENEDICTIONS

Ain • Écho des bois.

Certains mortels ont le don de répandre Bonheur et joie où se portent leurs pas. Au temps passé l'on ne s'y trompai! pas, Témoin ces mots qu'enfant j'ai pu comprendn

(i bon vieillard, chez nous daignez venir; i Béni de Dieu, venez Ions nous bénir. '

Or ce vieillard sortait-il de son chaume,

Le rencontrer était présage heureux.

« Oui, répétaient les villageois entre eux.

Il suffirait à bénir un royaume.

() bon vieillard, chez nous daignez venir :

Béni de Dieu, venez tous nous bénir. »

On l'invoquait àchaque catastrophe,

Aux cœurs en peine il semblait un sauveui

Maint hobereau le traitait de rêveur,

Et le curé l'appelait philosophe.

0 bon vieillard, chez nous daignez venir:

Béni de Dieu, venez tous nous bénir.

Chacun de lui nous contait des merveilles, Disant : « 11 sait légendes et chansons. Courez, enfants, à ses douces leçons, Comme à sa voix reviennent les abeilles.

i\ï DERNIÈRES CHANSONS

0 bon vieillard, chez nous daignez venir;

Béni de Dieu, venez tous nous bénir, i

« 11 ;i passé tout près de ces charmilles, Disait la mère; aussi, combien de fleurs! C'est grâce à lui que de riches couleurs Va s'émailler le corset de nés filles.

i> bon vieillard, chez nous daignez venir: Béni de Dieu, venez tous nous bénir. »

Quand le ciel brûle, aux travailleurs en nage Court-il aider; glaneuse el moissonneur

De dire alors : « Il nous vienl du bonheur Sur le soleil Dieu déploie un nuage.

0 bon vieillard chez nous daignez venir , Béni de Dieu, venez tous nous bénir. >■

D'un si doux charme il ignorail les cause-,. Sans croire en soi, l'homme que Dieu bénit Tasse, et l'oiselle est tranquille en son nid : Passe, et vers lui monte l'encens des roses 0 bon vieillard, chez nous daignez venir: Béni île Dieu, venez ions nous bénir.

.Nous n'avons plus cette loi qu'on envie. Qu'importe, enfants. Survient-il un vieillard. S'il vous sourit, s'il vous suit du regard, Inclinez-vous : il bénit voire vie.

0 hou vieillard, chez nous daignez venir ; ) . Béni de Dieu, venez Ions nous bemr.

ni: r.in vnger.

ENFEB ET DIABLE

.Ain : Ce magistrat irréprochable.

Le Diable et l'Enfer, jeune Adèle, Font, dites-vous, peur aux Amours Jadis j'ai vu l'ange rebelle :

Il m'a joué de malins tours.

Bien loin d'avoir mine effroyable, Les beaux yeux qu'avait Lucifer!

Plus alors je croyais au Diable, Moins je voulais croire à l'Enfer.

Mais les ans m'ont prêché de sorte Que de mes doutes je rougis.

De l'Enfer j'ai trouvé la porte Et vu le Diable en son logis.

Adèle, c'est chose incroyable Pour qui n'a pas encor souffert Sachez que chacun est son Diable; Que chacun se fait son Enfer.

•Jll • DERNIERES I HANSONS

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