‹ Dernieres chansons de P.J. de Béranger, 1834 a 1851, avec des notes de Béranger sur ses anciennes chansonsChapitre 82 sur 149 · LE CHAPELET DU BONHOMME · texte numérisé non relu

LE CHAPELET DU BONHOMME

Air : On (lit partout que je suis hôte.

u Sur le chapelet de les peines, Bonhomme, poinl de larmes vaines

— N'ai-je poinl sujet de pleurer?

Las! mon ami vient d'expirer.

— Tu vois là-bas une chaumine :

Cours vile en chasser In famine;

KL perds en roule, grain à grain. , Le noir chapelet du chagrin. » i

Bientôt après, plainte nouvelle.

— « Bonhomme, où ta blessure esl-elle?

— Las ! il nie faut encor pleurer .

Mon vieux père vient d'expirer.

— Cours! Dans ce bois on tente un crim Arrache aux brigands leur victime:

Et perds en route, grain à grain, [,c unir chapelet du chagrin, <•

DF.RN1I l;i S CHANSONS

lîioiiLôl après, peine plus grande.

— « Bonhomme, les maux vont par bande.

— Las! j'ai bien sujel de pleurer :

Ma compagne vient d'expirer.

— Vois-tu le feu prendre au village?

Cours l'éteindre par ton courage ;

El perds en route, grain à grain, Le noir chapelel du chagrin. «

Kientot après, douleur extrême.

« Bonhomme, on rejoint ce qu'on .unie

— Laissez-moi, laissez-moi pleurer :

Las ! ma fille vienl d'expirer.

— Cours au fleuve : un enfant s'j noie. D'une mère sauve la joie;

El perds en roule, grain à grain, Le noir chapelet du chagrin. »

Plus lard enfin, douleur inerte.

— « Bonhomme, est-ce quelque autre perte?

— Je suis vieux et n'ai qu'à pleurer Las! je sens ma force expirer.

— Va réchauffer une mésange

Qui meurt de froid devant la grange; El perds en roule, grain à grain, Le noir chapelel du chagrin. «

Le bonhomme enfin de sourire.

Et son oracle de lui dire :

' Heureux qui m'a pour conducteur!

Je suis l'anse consolateur.

U li BKIi \M,i;il. 259

CVsi la Charité qu'on me nomme.

Va donc prêcher ma loi, bonhomm Pour qu'il ne reste plus un grain | Au noir chapelel du chagrin. » '

Bis

LE PREMIER l'Al'ILLO.X

loi, le premier que je vois, Salut, papillon des bois!

Gai papillon, quelles nouvelles Nous apportes-tu sur tes ailes?

Aux affligés promets-tu le printemps, Cet ami que pour eux j'attends?

LE PAPILLON

Au l'eu du ciel tout se rallume.

Vieillard, regarde : il resplendit.

Déjà chaque bourgeon verdit Et partout l'herbe se parfume.

Toi, le premier que je vois.

Salut, papillon des bois!

Gai papillon, quelles nouvelles?

Combien lardent les hirondelles !

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