‹ Dernieres chansons de P.J. de Béranger, 1834 a 1851, avec des notes de Béranger sur ses anciennes chansonsChapitre 83 sur 149 · J M RN1ERES CHANSONS · texte numérisé non relu

J M RN1ERES CHANSONS

Leurs cii> de joie, en revoyant leurs i n< l~ Diraient : Espérance aux bannis !

LE PAPILLON

Os messagères que l'on guette Vont arriver; et, ce mutin, J'écoutais un écho lointain Répéter un chanl de fauvette.

loi. le premier que je vois, Salut, papillon îles bois!

liai papillon, quelles nouvelles?

Les fleurs encor éclôront-elles? es verrons-nous émailler le gazon De la tombe el de la prison?

LK PAPILLON

Aux papillons comme ;mx fillettes, Oui, des fleurs vont s'offrir d'abord.

Vois-tu, sous le feuillage mort, Briller l'œil bleu des violettes?

lui, le premier que je voit Salut, papillon des bois !

Uni papillon, quelles nouvelles .' Vurons-nous assez de javelles

'our Lant de faims donl le cri vient d'en bas Troubler le riche à ses repas?

Lli PAPILLON.

A peine le réveil commence.

J'ignore, en vos champs assoupis, Combien Dieu bénira d'épis:

Mais j'entends germer la semence.

Toi, le premier que je vois.

Salut, papillon des bois!

Gai papillon, quelles nouvelles?

Quand de l'ange aurons-nous les ailes (in dans le sang, mer à flux et reflux, Quand ne se plongera-t-on plus?

LE PAPILLON

Vieillard, qu'un homme te réponde.

Au soleil je voltige en paix ; Du sue des fleurs je me repais.

Adieu! Je plains bien voire monde.

Toi, le premier que je vois, Adieu, papillon des bois!

242 DERNIÈRES Cil \ NSON!

A III Kl

\in . Te souviens-tu, disait un capitaine ou : \n; nouveau de M. L. Uadie.

France, je meurs, je meurs; tout me l'annonce. Mère adorée, adieu. Que ton saint nom Soil le dernier que ma bouche prononce. Aucun Français t'aima-t-il plus? Oh! non. Je t'ai chaulée avant de savoir lire; Et, quand la mort me tient sous son épieu, En te chantanl mon dernier souffle expire. A tant d'amour donne une larme. Adieu!

Lorsque dix rois, dans leur triomphe impie, Poussaient leurs chars sur ton corps mutilé, De leurs bandeaux j'ai l'ail de la charpie Pour ta blessure, où mon baume a coulé. Le ciel rendit la ruine féconde; De te bénir les siècles auront lieu; Car ta pensée ensemence le monde.

L'Égalité fera sa gerbe. Adieu!

Demi-couché, je me vois dans la lombe.

Ah! viens en aide à lotis ceux (pie j'aimais. Tu le dois, France, à la pauvre colombe Qui dans Ion champ ne butina jamais.

DE Bl RAN'Gï r; U7,

Pour qu'à tes fils arrive ma prière, Lorsque déjà j'entends la voix de Dieu. De mon tombeau j'ai soutenu la pierre.

Mon bras se lasse; elle retombe. Adieu !

\ l.\ DES HEI! Ml lirs i H \ NSONS

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