‹ Dernieres chansons de P.J. de Béranger, 1834 a 1851, avec des notes de Béranger sur ses anciennes chansonsChapitre 85 sur 149 · PREMIERE PREF W.K · texte numérisé non relu

PREMIERE PREF W.K

Note 1. — Au titre. — Cette préface, que le libraire Eymeri exi gea, se trouve en télé du volume de chansons publié chez lui en novembre 1815 et qui porte la date de 18lti. Ce volume, qui contenniL à peu près les quatre-vingts premières chansons des éditions postérieures, ne donna lieu contre l'auteur à aucune poursuite, et l'on ne parut même pas penser alors à lui ôter la modique place d'expéditionnaire qu'il occupait dans les bureaux de l'Université depuis 1809.

Plusieurs de ces chansons furent pourtant incriminées en 1821, lors de leur réimpression et malgré la prescription invoquée.

Longtemps après la publication de ce premier volume, on fit savoir à Béranger que, s'il en publiait un second, où se trouveraient 1rs nouvelles chansons qui couraient manuscrites ou disséminées dans quelques recueils, on se verrait contraint de lui ôtei sa place. Cette espèce de menace ne l'empêcha pas de faire celte publicalion, dont le. premier résultat fut de lui ravir son seul moyen d'existence*. 11 est vrai d'ajouter que la vogue de cette seconde publication fut telle, qu'il en tira de quoi satisfaire à des besoins que son amour de l'indépendance a toujours su modérer. Aussi a-t-il souvent répéié qu'il s'était corrompu dans la prison de Sainte-Pélagie, parce qu'il y avait eu pour la première fois de sa vie des rideaux à son lit et du feu. Il ajoutait, en sortant de la Force, après neuf mois de détention, que là il avait pris l'habitude d'être servi, lui qui jusqu'alors s'était presque toujours servi lui-même. [Note de Béranger.)

Le recueil de 1821 contenait cent soixante-deux chansons, du Roi d'Yrctnt au Cinq Mai C'est à ces cent soixante-deux chansons seules que se rapportent, les notes inédites de lîérancer. Sote (/< l'Éditeur.)

• voy. Mu Biographie (Edition in-8. p. ut..

Note II. — A la ligne : Cesl de récriture de Collé. — Collé, auteur de la Partie de chasse de Henri IV, est le plus varié et le plus spirituel îles anciens chansonniers français. Ses couplets, presque toujours graveleux, sonl les fruits d'une observation fine et d'une gaieté mordante. 11 a laissé des mémoires recommandablés par quelques anecdotes piquantes, mais où régne parfois un ton d'humeur qu'on ne s'attend pas à y trouver. Collé, dans son extrême jeunesse, avait entrevu la Régence; il passa une partie de >a vie auprès des grands. Malgré cela et en dépit de la licence reprochée à ses chansons, il a laissé la réputation d'un homme honnête et de mœurs pures. 11 mourut en 1782. [Note de Réranger.)

Collé, cousin de Kegnard et ami de Panard et de Gallet, dont parlent les notes inédites de Déranger, est né en 1"0P. Le recueil complet de ses chansons a été publié en deux vol. in-lft, 1 807 . ^es mémoires (le Journal historique , qui sont une œuvre de satire trois vol. in-8°), ont paru de 1805 à 1807. [Noie de l'Éditeur.

Note 111.— A la ligne : Conversation entre mon censeur et moi. - On sent que l'auteur fait ici une supposition pour excuser plusieurs parties de son recueil, nécessité que le libraire lui avait imposée. Du reste, il y avait quelques rapports réels entre le chantre de Marotte et le chansonnier de 1815. (yole de Bêranger.

Note IV. — À la ligne : Chansons que mon censeur n'a pas dû me passer. — Collé publia en effet sous ce titre un recueil chantant dont la licence peut effrayer les censeurs les moins sévères (Noie de Bêranger.)

Note V. — A la ligne : Vous, monsieur Collé, qui avez pour protecteur un prince de l'auguste maison dont vous ara si bien fait parier le héros. — Cette note de Déranger manque. Elle eût fait allusion à la ressemblance qu'il y avait entre Collé, protégé du duc d'Orléans, fils du Régent, et auteur de la Partie de chasse de Henri IV, et Bêranger, qui, devant à Lucien Bonaparte de si utileencouragements, chanta la gloire de Napoléon. (Note de l'Éditeur.)

Note VI. — An commencement du postscript um. — Telle était la préface du premier volume publié en 1815. Dans l'édition de 1821, laite en deux volumes, l'auteur a ajouté à cette préface le postscriptum suivant (voir ce postscriptnm\ Déranger a toujours regretté d'avoir été obligé de faire une préface à ses chansons. Il n'aimait pas à éctire en prose et ne s'en croyait même pas capable. Aussi fut-il affligé de voir toujours ses libraires vouloir réimprimer ce morceau, qu'il jugeait être mauvais, et dont le ton d'ailleurs ne convenait plus aux productions qu'il a ajoutées :i celles de son premier volume. ("Sole de Bêranger.]

LE ROI P'YVETOT Notb VII, — Au litre — Lorsqn'en INI" cette chanson o.nirn!

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manuscrite, elle fut regardée comme un acle de courage, tant alors l'espi il d'opposition étail éteint en France. L'auteur n'étant pasconnu.on l'attribua d'abord â plusieurs personnes marquantes. Cependanl la police parvint bientôt à savoir de qui elle était. Béranger, qui n'avait jamais eu l'intention d'en faire un mystère rendit le* recherches faciles. 11 faut dire à la louange du gouvernement impérial que L'auteur n'éprouva aucune persécution à ce sujet et que sa petite place lui fut conservée.

Une vieille tradition veut qu'en réparation d'un crime commis par un roi de la race mérovingienne, un seigneur d'Yvetot, ville de Normandie, obtint que son petit domaine fût érigé en royaume. Malgré l'autorité des critiques éclairés qui ont contesté, avec toute vraisemblance, l'authenticité de cette tradition, elle suhsista fort longtemps et subsiste peut-être encore dans quelques provinces.

11 existe une histoire de ce prétendu royaume. [Noie de Béranger.)

11 y a plusieurs histoires du royaume d'Yvetot, et on ne saurait dire à laquelle Béranger fait allusion. On peut en effet citer divers auteurs qui, à des points de vue différents, se sont occupés de a royaume. .Sale tic l'Éditeur.)

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