‹ Dernières chansons de P.J. de Béranger, 1834 à 1851 (volume 2)Chapitre 10 sur 136 · ADIEU PARIS · texte numérisé non relu

ADIEU PARIS

Air

Pans m'a ci'ié : Reviens vite !

Sai lions si ta voix a faibli.

Cesse au loin de vivre en ermite ; Reviens chanter ou crains Toubli.

J'ai répondu : Dans ta mémoire, Paiis, laisse mon nom périr.

En vain ton soleil fait mûrir (Jrandeur, plaisir, richesse et gloire; Ici l'écho me dit tout bas :

Ne t'en va pas. {Bis.)

Qu'en dites-vous dans ce feuillage.

Oiseaux qu'aux temps froids je nourris ? — Nous disons : Vive le village !

Connaît-on l'aurore à Paris?

Elle entr'ouvre ici tes paupières Au chant des linots, des pinsons, A nous tes dernières chansons, A toi nos chansons printanières* Et puis l'écho redit tout bas ; Ne l'on va pas.

DE BKRANGER. 39

Qu'en dites-vous, fleurs dont j'étanche La soif au déclin des longs jours?

— Que sagement ton front qui penche A brisé le joug des amours.

Plein d'une tendre souvenance, Cultive en paix nos doux présents ; Nous garderons à tes vieux ans Pour chaque jour une espérance.

Et puis récho redit tout bas :

Ne t'en va pas.

Qu'en dites-vous, flots de la Loire, Voisins du seuil cher à mes goûts?

— Que dans leur cours fortune et gloire Sont plus variables que nous.

Pour qu'en ton sein la peur redouble Au moindre songe ambitieux, Vois ce fleuve capricieux :

Plus il monte, plus il est trouble.

Et puis l'écho redit tout bas :

Ne t'en va pas.

Qu'en dites-vous, vous qu'à mon âge J'ose planter, arbres naissants?

7— Que du soin mis à ce bocage Tu nous verras reconnaissanis.

Des maux d'autrui l'àme oppressée.

Quand tu rêveras dans ces lieux.

Grands alors, nous pourrons des cieux Montrer la loule à la pensée.

Et puis réclio redit tout has :

Ne t'en va pas.

Arbres et flots, oiseaux et roses, Oui, je vous crois ; adieu Paris.

Je m'amuse aux plus simples choses, Quand je pense à Dieu, je souris.

Que me feut-il? Un peu d'ombrage, Quelques pauvres pour me bénir, Et, pour le long somme à venir.

Le cimetière du village.

Aussi récho redit tout bas :

Ne t'en va pas. {Bis.)

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