‹ Dernières chansons de P.J. de Béranger, 1834 à 1851 (volume 2)Chapitre 125 sur 136 · LES MYRMIDONS · texte numérisé non relu

LES MYRMIDONS

Nori; LXXXIV. — Au tUre. — La petitesse morale des hommes qui nous gouvernaient inspira celte chanson, où Déranger se plut à confondre les soldats d'Achille avec les Myrmidons d'une ancienne fable qui a fait de ce nom un terme de mépris. Il faut remarquer qu'à l'époque où furent faits ces couplets un grand nombre de serviteurs inaperçus de l'Empire s'étaient élevés aux plus hautes dignités de la Restauration. Ils avaient en effet l'air de se venger des dédains mérités du maître qu'ils avaient servi d'abord et dont ils avaient été les premiers à insulter h chute et les malheurs.

Le M ronlonmironhiine de Mailborough n'est autre ([ue W'ellini;lon, à qui on avait donné l'épéf de Aa])oléon.

On nous écoute au congrès.

Ce vers rappelle la menace si souvent faite, en termes plus ou moins déguisés, par les ministres de Louis XVIII. Le congrès d'Aix-la-Chapelle venait d'avoir la plus fâcheuse influence sur notic armée, q\ie le maréchal Couvion-Sainl-Cyr avait voulu réorganiser, ce qui lui fit perdre le minisfèi-e.

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Il n'osl pas nc'-cossnire clo flirc qno le dernier oonplel de relie chanson est une allusion au jeune iNapoléon*, qui fui, efil et scni longtemps peiit-élre**, un épouvantail pour les Bourbons et leurs ministres. (?iote de Déranger.)

IIALTE-LA!

Note LXXXV. — Ah soiis-tilre. — Celte chanson de fête eut un grand succès, grâce au ridicule du système qu'elle attaque. L'interprétation en matière de presse l'ut propagée chez nous par Bellart, Marchangy, Jacquinot de Pampelune, Hua et \ atimesnil. Celui-ci, plus jeune que les autres, fut d'abord un ardent promot(>ur de ce moyen facile de condamnation. Aujourd'luii (1S50), il a quitté les rangs des oppresseurs de la pensée, et il est à espérer qu'il n'y rentrera jamais. Sa conduite au ministère semble en être la preuve. Avec un parquet qui prenait plaisir à torturer tous les mots et des jurés choisis par le préfet, il était impossible qu'un auteur accusé ne succombât pas toujours. Cependant cela ne suffit point encore au pouvoir, et l'on vint à enlever au jury le jugement des délits de la presse. {Note de Béranf/er.)

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