LA MARQUISE DE PRETINTAILLE
Note XCJV. — An tilre. — Après avoir attaqué les anciens marquis par la chanson du Marquis de Carabas, il y avait justice à se jouer des anciennes marquises. La politique n'est pas le seul côté faible de ces dames : elles offrent d'ailleurs une pâture à la satire, et le type de la marquise de Prelintaille n'est pas tout d'invention. Dans le dei'nier couplet, l'auteur fait allusion à la fameuse note secrète, ouvrage d'un comité ultra-congréganiste qui sollicitait auprès des cours étrangères la rentrée en France des soldats de la Sainte Alliance des rois.
A voir Béranger s'en prendre si souvent à la noblesse, quelques personnes de cette caste ont supposé qu'il avait le regret de n'être pas né, comme disent ces messieurs et ces dames. Jamais accusation ne fut moins fondée. Noti'e auteur n'a jamais connu que l'ambition littéraire, encore d'une manière fort modérée. Jamais supériorité sociale n'a pu le choquer personnellement; on peut même ajouter qu'il n'eut jamais à en souffrir; mais il regardait les privilèges de naissance comme une contradiction avec les principes de noire Révolution et comme un obstacle au bonheur de son pays. De là vient la guerre qu'il a cru devoir leur faire, guerre bien justilièe par la conduite de presque tous les hommes de caste. Béranger a vécu dans un temps où il était si facile de se faire passer pour noble, que, s'il eût eu cette fantaisie, il eût i)u la satisfaire, surtout à l'aide de la particule qui accompagne son nom. Loin de là, il sympathisait, par des sentiments de justice et d'humanité, avec les classes inférieures, et il s'est toujours fait un plaisir de rappeler qu'il était né dans cette foule populaire, au progrès et à la consolatioti de laquelle il a consacré presque toutes ses inspirations. (Noir de Béranger.)
LE TREMBLEUU
Note XCV. — Au sous-litre. — Il serait supertlu de rappeler que la plus solide ainilié existait entre M. Dupont (de l'Eurel et Déranger. Ce dernier s'en montra toujours glorieux. Les vertus du député sont trop populaires pour qu'il soit non plus besoin d'en faire l'éloge ici. l'rés de trente ans de magistrature les ont mises en évidence, et la carrière politique a achevé de les illustrer. Une seule épreuve a manqué à ces vertus : les hauts emplois publics; mais on peut assurer que, si elles y avaient été soumises *, elles seraient sorties intactes d'une épreuve si périlleuse pour tant d'autres hommes.
Quand cette chanson fut faite, Déranger était encore dans les bureaux de l'L'niversité. M. Pasquier, nommé dans le dernier couplet, avait, comme garde des sceaux, signé la destitution de Dul»ont de la [tlace de président à la cour royale de Rouen, et sans que celui-ci pût obtenir la pension due à ses longs services. Lisot, nommé aussi dans ce couplet, était un député constamment ministériel que le pouvoir employait pour lutter contre l'influence que Dupont exerce dans son pays par la juste idée qu'on y a de l'indépendance de son caractère et par sa belle réputation, que la .Normandie entière regarde comme sa propriété. {Noie de Bé' ranger.)
LA MORT UL nul CIIKISTOPIIE
ISoTE X(",VI. — A la date. — Christophe, empereur et roi tl'llaïti, juourut en 1820, à la suite d'une révolution militaire. La Sainte Alliance avait mis les congrès à la mode. L'Espagne et Kaples avaient déclaré leur indépendance, et l'on pensait déjà, dans les cabinets, à châtier leur témérité révolutionnaire. Le troisième coui»let est une allusion aux formes mystiques données aux protocoles des princes-unis; ce couplet fut le seul de la chanson que .Marchangy signala aux jurés. [Note de Déranger.)