‹ Dernières chansons de P.J. de Béranger, 1834 à 1851 (volume 2)Chapitre 131 sur 136 · LE VIEUX DRAPEAU · texte numérisé non relu

LE VIEUX DRAPEAU

.\oTi; XCll. — La chanson du Vieux' Drapeau, dans l'édition de 18"21, était précédée des lignes qui suivent :

'< Cette chanson n'exprime que le vœu d'un soldat qui désire voir la Charte constitutionnellcmcnt placée sous la sauvegarde du drapeau de 1 leurus, de Marengo et d'Austerlitz. Le même vœu a été exprimé à la tribune par plusieurs députés, et, entre autres, par M. le général Foy, dans une improvisation aussi noble qu'énergique, (Note de l'Éditeur.)

Note XCIU. —Au premier vers. — Béranger l'ut obligé de mettre en tête de sa chanson une note pour l'innocenter, s'il était possible; l'imprimeur, salis cela, ne voulait point l'admettre dans le recueil. Cette note n'em])êcha pas Marchangy d'en faire l'objet de ses plus vives attaques. L'auteur couiait le risque de deux années d'emprisonnement, si l'avocat général avait gain de cause ; mais M. Cottu, juge impartial aussi bien qu'écrivain politique dérai' sonnable, fit observer à la cour qu'il y avait bien dans le code pénal de la iircsse proiocalion à la révolte, port d'un signe séditievx mais non prorocalion au port d'un signe séditieux. Cette subtilité eut du succès, et la chanson reconnue condamnable ne put être une cause de condamnation. Mais luu; autre loi de la i>resse fut faite, et l'on y inséra un article relatif à la provocation au port d'un signe séditieux.

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11 est utile peut-être de consigner des faits en eux-mêmes si puérils : ils font apprécier une époque.

Déranger n'oublia jamais l'obligation qu'il avait à Cottu, avec (lui il était lié depuis longtemps et dont il estimait les qualités ]iersonnelles,en dépit des exagérations politiques de ce magistral.

Comme la plupart des chansons de Déranger, la clianson du Vieux Drcpcdu avait couru avant qu'il la fit imprimer. D'autres prirent même le soin de la faire courir avant lui, et un grand nombre d'exemplaires furent jetés dans les casernes. Le ministère s'en effraya. Un conseiller d'État attaché à l'Université fut chargé de sermonner l'auteur, qui répéta, cette fois encore, qu'on pouvait lui ôter son emploi; mais c'est ce qu'on ne voulait pas faire, croyant toujours que la crainte de perdre son unique moyen d'existence l'empêcherait de donner une édition complète de ses chansons. 11 en est peu qui aient eu un succès aussi général que le Vieux Drapeau. CNolc de Béranger.)

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