‹ Dernières chansons de P.J. de Béranger, 1834 à 1851 (volume 2)Chapitre 21 sur 136 · A MES AMIS · texte numérisé non relu

A MES AMIS

Air : Ainsi jadis un grand propjiplp,

Dix-neuf août ! Dieu ! quelle da(e \ Mes chers amis, à jour pareil, Je vins sur notre terre ingrate Trfiîper cinq pieds d'ombre au soleil .

70 DERNIEHF.S CHANSONS

Voyant, à Tlieure d'apparaître, Mon bon ange saisi d'effroi, Je fis bien des façons pour naître.

Mes amis , pardonnez-le-moi . ( Bis. )

Mon ange me pi'êle main-forte ;

Mais, un docteur aux bras de fer *

Pe mon gîte forçant la porte,

Je sors comme on entre en enfer.

Pour moi quels tourments vont donc suivre

L'épreuve où je viens d'être mis ?

Je crains déjcà de longtemps vivre,

Pardonnez-le-moi, mes amis.

Mon bon ange alors me révèle L'avenir qui m'est réservé :

Comme un pauvre joueur de vielle, Je chante en l)altant le pavé.

Mon indigence est poursuivie.

On m'emprisonne au nom du roi.

J'hésite à mener cette vie.

Mes amis, pardonnez-le-moi.

Mon bon ange m'annonce encore Pour mon pays de longs condjals, Une UbtMlé dont l'aui'ore Se fond en brumes et frimas.

' Ma mvi'o souffrit pomlaiiL iilii-.icurs jours avant do me moltro au mondo, et ne put, ètro délivrée que par le forecps, qu'on n'employait alors que dans les ras extrêmes, [^ulc de Béraïujrr.)

DE BERAAGEn.

Lu siècle iiail, qui rien ne Tonde:

La gloire y tombe en désarroi.

Oh ! que j'ai regret d'être au monde I 3Ies amis, pardonnez-le-moi.

Mais en rianl j'aurais dû nailiv, Si mon bon ange eût dit d'aboid :

L'amitié viendra sur ton être Verser l'oubli des maux du sort.

Moi dont elle a séché les larmes, 3loi qu'à son culte elle a commis.

J'aurais dû pressentir ses charmes.

Pardonnez-le-moi, mes amis. [Bis.

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