LES VENDANGES
A LALRE Ain :
Accourez, aimable Laure, Nos vendangeurs vont aux champs, En sursaut déjà Tauioit' S'éveille à leurs joyeux clianis.
Tout vigneron à l'ouvrage Mène enfants, amis, voisins; Tant ses tonnes en veuvage Ont soif du jus d(>s raisins 1
122 DERTVlKHES CUAÎSSONS
Les ceps de rosée humides, Comme un cerf, dans ses douleui's, Devant ces meules avides Semblent répandre des pleurs.
Sous les paniers qu'on renvoie L'àne pliera jusqu'au soir.
Venez voir richesse et joie Jaillir à flots du pressoir.
Mais Pémeide est ;iu village.
Mille oiseaux, dans ces tilleuls, Disent : « L'on met au |)illage « Ce que Dieu lit pour nous seuls.
(( Voyageurs privés d'étapes,
(( Nous allons de mal en pis :
« Aujourd'hui l'on prend les giappes;
« Hier, c'étaient les épis.
(I Des hommes, troupe assouvie, « Ont terres et revenus ; « Les autres glanent leur vie « Le dos courbé, les pieds mis.
a Pauvres gens, vous (pi'oii (lédaigue> K Vite, aux ai'uies, vengez-vous.
« Nous chanterons votre régne .
■ w Les raisins seront poui' nous. »
Mais vient réponse à leur plainte.
Un chasseur ! Oiseaux, tremblez !
DE BKRANGER. 12'
On peut vendanger sans crainte Nos tribuns sont enYoh's.
Laure, on dépouille la plaine ; Quittez le doux oreiller.
Demain les pauvres à peine Trouveront à grappiller.