‹ Dernières chansons de P.J. de Béranger, 1834 à 1851 (volume 2)Chapitre 42 sur 136 · LA PAQUERETTE · texte numérisé non relu

LA PAQUERETTE

Quoi ! vous, belle étoile attachée Au marchepied du roi des cieux, Sur la lleur dans Iherbti cachée Vous daignez abaisser les yeux 1

l'étoile .

Chaque étoile, dans son orbile, Loin d'être un vain luxe des nuils, Aux planètes (pie riiomnie habite Dispense arbres, Ih^urs, grains vi Iruils.

Mes leux du soleil dans resi)ace Moi qui complète les couleurs,

li« DERNIJ-IHES CHANSONS

Sur les corps que sa foi'ce eiilaccv Je préside aux destins des fleurs.

Tu ne m'es dune pas élrangère, Fleurette éclose en si bas lieu.

Astre éclatant, Heur passagèi'e.

Se tiennent dans la main de Dieu.

LA l'AQUEHETTE.

Ainsi que la teri'e où nous sonunes, Se peut-il qu'aux cieux étoiles, De lïeurs, de papillons et d'hommes D'autres globes roulent peuplés?

l'étoile,

Celtes, ma lille : aux mêmes causes Le même effet ne peut faillir.

Dans ces mondes naissent cies roses Et des vierges pour les cueillir.

LAPUTHE

A M. DE LAMK.M^Al> Aiu :

Paul, où vas-tu? — Je vaissauvei- le monde. Dieu nous donne une loi d'amour.

— Apôtre, la sueur t'inonde ; En festins ici passe un jour.

DE BÉRANGRR. 147

— Non, non; je vais sauver le monde.

Dieu nous donne une loi d'amouj\

Paul, où vas-tu? — Je vais prêcher aux hommes Paix, justice et fraternité.

— Pour en jouir, reste où nous sommes. Entre Fétude et la beauté.

— Non, non, je vais prêcher aux hommes Paix, justice et fralernilé.

Paul, où vas-tu? — Je vais à Tàme humaine Du ciel enseigner le chemin.

— Aux cieux? La gloire seule y mène Chante, elle te tendra la main.

— Non, non; je vais à Tàme humaine Un ciel enseigner le chemin.

Paul, où vas-tu? — Je vais rendre aux campagnes Le Dieu qui bénit les guérels.

— Crains \o brigand dans les monlagnes ; drains le tigre dans les forèls.

— Non, non; je vais rendre aux campagnes Le Dieu qui bénit les guérels.

Paul, où vas-tu? — Je vais au sein des villes De tout vice purger les cœurs.

— Crains Torgueil des passions viles:

Crains le rire aux éclats moquem^s.

— Non, non; je vais au sein des villes De tout vice purger les cœurs.

us DERNIERES (,HANSONS

Panl où vas-lu? — Je vais, séchanl des larmes. Dire au pauvre : Dieu seul est grand !

— Crains le riche si tu Talarmes; Crains le pauvie s'il le comprend.

— Non, non; je vais, séchant des larmes. Dire au pauviT : Dieu seul est grand !

Paul, où vas-lu? — Je vais de plage en plage Raffermir mes amis tremblants.

— Quoi ! les maux, la fatigue et Tâge N'ont point dompté les cheveux blancs?

— Non, non; je vais de plage en plage Raffermir mes anus tremblants

Paul, où vas-tu? — Je vais, braver nos maîtres, Fardeau des peuples gémissants.

— Tremble! ils te livreront aux prêtres En échange d'un peu d'encens.

— Non, non; je vais braver nos maîtres. Fardeau des peuples gémissants.

Paul, où vas-lu? — Je vais prêcher mon culte Devant le juge et ses licteurs.

— A nos lois déguise l'insulte; Recours à Tari des orateurs.

— Non, non; je vais prêcher mou cullc hevanl le juge et ses licteurs.

Paul, où vas-lu? — Je vais porter ma lélr Sur réchafaud on Dieu m'attend.

— Dis un mol, cl la <,nàce esl prèle:

D'honneurs on te comble à l'instanl.

— Non, non; je vais porter ma tête Sur l'écliafaud où Dieu m'attend.

Paul, où vas-tu? — Je vais avec les anges Reposer au sein de mon Dieu.

— Par Ion exemple tu nous changes.

Nous prierons sur la toml)e. Adieu !

— Oui, oui ; je vais avec les anges Pieîposer a»i sein de mou Dieu.

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