LA FÉE AUX RIMES
Alix OrVRlRRS POKTES*
Air :
Voici la fée; oui, c'est la fée aux rimes. Fille du ciel qui vient nous consoler.
Sa voix ajoute aux chants les plus sublimes; Mais prenons gai-de; elle peut s'envoler : Voyez, amis, ses deux ailes si grandes. Dans ses deux mains, où puisent ses amants. Brillent rubis, perles et diamants
Pour faire aux muses des guirlandes. — (Combien de maux ta voix charme ici-bas ! 1
Aimable fée, ahl ne fuis |)as. ^ liis.
Ah I ne fuis pas.
' Je n'ai pu ituliquor (ous les .môlicrs qui romplenl des poêles et (tes vorsilioalniirs plus ou moins connus, plus on moins haltiles; mais j'ai omis avec intention les lypoptrapties, parce q\ie la plupart ont reçu fie l'instruction, el que (railleur- leur profession Iimii- rend les iHudcs iill(''r;»ire> faciles :
. Le sage en vain crie : « Arrête, àme folio 1 » Un pauvre enfant, doux, au front nuap^eux. Qu'elle a séduit au sortir do l'ôrole, Contre son joug court échanger ses jeux. Dès lors, aux champs, dans les bois, sur les gièvos, ChoiTheur d'échos, par elle il va penser. Meiul-il obscur, elle vient le bercer De bruits de gloire et de longs rêves.
— Combien de maux ta voix charme ici-bas ! Aimable fée, ah ! ne fuis pas.
Ah ! ne fuis pas.
Si les cités consacreirt sa puissance.
Elle est de fête au foyer des hameanx. Mais d'ouvriers une foule l'encense :
A ses faveurs, quels droits ont-ils? Leurs maux. Il faut si peu pour rendre le courage A tous ces cœurs par la tièvre agités ! La boinie fée en leur disant : Chantez! Donne à leur soif l'eau d'un mirage.
— Combien de maux ta voix charme ici-bas î Aimable fée, ali ! no fuis pas,
Ah ! ne fuis pas.
Nous verrons, grâce aux fleurs que rimuiorlollo Mêle aux tranchots, aux limes, aux rabots, A la navette, au pic, à la truelle, L'art sans étude et la gloire en sabots.
los livfos Ifs viounont li'ouvor; il faiit i[uo li s aulivs oiivrici's l(Vs clu'rclK'nl, (^1 c'tisf di'jà un nuM'ilc <l(int on doit leur li'iiii foniplo. {yotc (le Hérfdii/rr.)
1f>4 DERNIERES CHANSONS
Ces artisans chantent, frondent, racontent: Le ppnple parle; hier il bégayait.
Du haut du trône on s'écrie, inquiet ; Voici les voix d'en bas qui montent.
— (iOmbien de maux ta voix charme ici-bns' Aimable fée, ah ! ne fuis pas.
Ah ! ne fuis pas.
Étends, ma fée, étends sur eux tes ailes; Parfume l'air de leurs obscurs abris.
Qu'un peu de vin, non le vin des qjierelles, Le vin de joie, éveille leurs esprits.
A leur liqueur mêlant ton ambroisie, Kais qu'à mon nom, un jour ils disent Ions : (iloire à ses chants! C'est lui qui jusqu'à nous Fit descendre la poésie.
— Combien de maux ta voix charme ici-bas ! ] Aimable fée, ah ! ne fuis pas, ' Bis.
Ah! ne fuis pas!