‹ Dernières chansons de P.J. de Béranger, 1834 à 1851 (volume 2)Chapitre 45 sur 136 · MON ANNIVERSAIRE DE · texte numérisé non relu

MON ANNIVERSAIRE DE

Aip, (Ifs Amazones.

Sur ce <^lobe, la course humaine

Ne dure, hélas! que peu d'instants.

Le postillon qui tous nous mène.

Je je connais trop, c'est le Temps, {liis.)

DE BÉliANGEl;. 155

Eii cliar pompeux aussi J)iou qu'eu cliairelle. 11 nous emporte à nous laire crier ; — Vieux postillon, arrête, arrête, arrête! Buvons ici le vin de l'élrier.

Bis.

Il est sourd, ne l'ait nulle pause.

Sangle tout de son tbuel puissant.

Se rit des effrois qu'il nous cause, Et n'y met fin qu'en nous versant.

Je crains pai* lui qu'un jour notre planète N'aille en éclats croupir dans un bourbier.

— Vieux postillon, arrête, arrête, arrête! Buvons ici le vin de l'étrier.

Les sots et les fous en grand nombre

Nous jettent la pierre en cliemin.

Fuyons-les donc; mais quel encombre!

Ils seront plus nombreux demain.

Sais-je d'ailleurs ce que demain m'apprête ? Podagre ou pair si j'allais m'éveiller !

— Vieux postillon, arrête, arrête, arrête! Buvons ici le vin de l'étrier.

En des jours de mélancolie

Un semble au but vouloii* couiir ;

Mais un rien nous réconcilie

Avec la frayeui- de mourir.

C'est une fleur, c'est une c hansonnette. C'est un souris qui vient nous égayer.

— Vieux postillon, arrête, arrête, arrête! Buvons ici le vin de l'étrier.

15H UElllMÈHES CHANSONS DE HKIl A NGEIl.

La poste soixante et troisième

Me fournit des l'elais nouveaux.

Le postillon, toujours le niênie,

Ménagera-t-il les chevaux?

Amis, d'un mont moi qui descends la ciète, Pour vous attendre, ah 1 je veux enrayer.

— Vieux postillon, arrête, arrête, arrête I Buvons ici le vin de l'étrier.

Oui, fêtons mon anniversaire.

Réveil de souvenirs constants.

Puisse une amitié si sincère

Briser les éperons du Temps! {Bû.) Pour ramener la joie en ma retraite, Vingt fois encor venez vous écrier :

— Vieux postillon, arrête, arrête, arrête! ) . . Buvons ici le vin de l'étrier.

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