‹ Dernières chansons de P.J. de Béranger, 1834 à 1851 (volume 2)Chapitre 55 sur 136 · LE PRÊTRE · texte numérisé non relu

LE PRÊTRE

« Comment! chez nous, encore un paieil être! »>

l'ange.

« Certes; bien lohj des savants, des penseurs, Sous le dolmen qui jadis la vit naître, Dieu lui permit de survivre à ses sœurs. Croire à ses dons tenait lieu d'abondance ; D'heureux efforts naissaient de vœux ardents ; Même à sauver vos pécheurs imprudents La bonne fée aidait la Providence. »

Sous un ciel sombre et les vents et les Ilots Poussent au loni de funèbres sanglots.

i:>i' DE KMKRES ClIAAS(ns

LE PRÈTKE.

(( Ses dons jani;iis n'ont fécondô nos grèves, »

i/ange.

K Aon; mais sais-tu combien sui" le malliem Elle a versé d'espérance et de rêves ; Combien versé de baume à la douleui' 1 Le pauvre, en songe, atleignaii aux délices Des plus grands rois : Uieu point ne le détend, Ce Dieu qui sait de ([uoi pleure Tentant, Et qui bénit le doux chant des iiouirices. » Sous un ciel sombre et les vents et les Ilots PoussenI au loin de funèbres sanglots.

« Vient ini savant (pie la vapeur amène.

La lée en rose était changée alors.

Il s'en saisit, relTeuille; ô phénomène!

Son doigt la tue : à ses pieds roule un corps,

Un corps de vierge à la beauté divine

La mei', dit-il, jusqu'ici l'a jeté.

Car la science, aveugle majesté,

Ne croit à rien qu'au peu qu'elle devine. «

Sous un ciel soml)n' et les vents et les n(il>

Poussent au loin de funèbres sanglots.

" Le savant i)asse. Elle, aux concerts célestes, .Monle en esprit, et d'énormes oiseaux Viennent creuser une fosse à ses restes. Va croître un if où dormiront ses os.

Sui- les débi'is d'un antique trophée, Ombre immortelle, un barde en ce moment Apparaît là : llucri'ier, |)oëte, amant,

DE BEKAiMiEJ'.. lyr.

Pleurez, (lit-il : vous n'avez plus de lée. « Sous un ciel sombre et les vents et les llols Poussent au loin de funèbres sanglots.

« Je vois dans Taii' tous les dieux de rAlluinc ; Tous ceux du Nord, du Nil et de fliidus. (Jes vieux parents de la vierge celtique Vont Tentourer d'honneurs qui lui sont dus. Prètie, ainsi qu'eux du ciel favorisée, Elle eut pour sœur la vierge que tu sers. Dieu brille au fond de vos cultes divers, Connue l'aurore aux gouttes de rosée. » Sous un ciel sombre et les vents el les tlol> Poussent au loin de funèbres sanglots.

LE l'KÈTRIi.

« Mais de son culte a peine a-t-oii mémone . (Contre l'oubli Dieu défend ses desseins. »

l'ange.

'( D'un Empyrée elle eut sa part de gloire, Temples, autels, prêtres, martyrs et saints. Longtemps par elle a surnagé la race Des nations que lui soumit le sort.

Né de leur sang, vieux Breton, plains sa luorl, Dernier soupir d'un monde (jui trépasse. » Sous un ciel sombre et les vents et les Ilots Poussent au loin de funèbres sanglols.

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