‹ Dernières chansons de P.J. de Béranger, 1834 à 1851 (volume 2)Chapitre 74 sur 136 · LA MÈRE · texte numérisé non relu

LA MÈRE

.( Rivale qu'un grand nom abrilr, Ciette dame, osant tout tenter.

Jusqu'au lit du roi veut monter Pour écraser |[\ favorite. »

— Ah! je voudrais, dit la fille à part soi. Devenir maîtresse d'un roi.

-2riG D F. R .N 1 È P, F. .> C H A ^ S 0 > S

LA FILLE

« Le roi défend celle quil nime.

A cheval, unjenne seigneur Veille sur elle, et, beau lui-même.

D'un doux regard qiiête riiovuïcur. »

f.A Mfr.i .

« Fils d'une race renomméi\

Il sait complaire, et va. dans peu,

Obtenir ou le cordon blni,

Ou le plus haut rang dans l'armée. )•

— Ah! je voudrais, dit la fille à part soi, Devenir inailres^p d'un roi.

lA FILLE

(< On arrête; elle veut descendre.

S'avance un prêtre au noble aspect .

La main qu'elle daigne lui tendre.

Mère, il In bais(^ avec resj^ecl. )>

LA MÈRi:.

« Pour être évoque, à cette ouaill<'.

Par hii que d'encens est offert ; Par lui qui va parler d'enfer Au pécheur mourant sur la paille! >•

— Ah! je voudrais, dit la fille à part soi. Devenir maîtresse d'un roi.

LA FILLE

(( Voilà que passe devant elle Une noce de villageois.

L"é|»ous''e en païaîl moin^' belle:

l/époiix va ronifir ilr smi choix. "

itr v.iv, \Nr.F.r.. 'ir^i

LA MKHE.

« iVoii; lie crains rien. Dans Inir cmIliiic

La misère a trop bien compté

Les sueurs qu'au j^euple ont conté

Les vices de la courtisane. »

— Ahl je voudrais, dit la lille à paît <n\. ,

Devenir maîtresse du n roi. >

Jii>

LK r.lIAPELKT DL RONHOMMK.

Aip. : Ou (lit jtaiioiil que Je >ui^ hr-ic,

I» Sur le cliapeiet de tes peines, lîonliomine, point de larmes vaines

— N ai-je point sujet de pleurer?

Las! mon ami vient d'expirer.

— Tu vois là-bas une chanmine :

(louis vile en chasser la famine:

Kl perds en roule, grain à grain, ) Le noir chapelet du chagrin. *» \

Bientôt après, plainte nouvelle.

— « Bonhomme, où ta blessure est-elle?

— Las ! il me faut en cor pleurer :

Mon vieux père vient d'expirer.

— Cours ! Dans ce bois on tente un ci ime Arrache aux brigands leur victime;

El perds en roule, grain à grain, Le noir chapelet du chagrin, x

■âôs i)i:ir\ii:r. Ks chansons

l>ioiil(M îiprès, peine plus giande.

— (( Bonhomme, les maux vont pai' bande.

— Las! j'ai bien sujet de pleurer :

Ma compagne vient d'expirei-.

— Vois-tu le feu prendre au village ?

(]ours réteindre par ton courage :

Et perds en route, grain à grain.

Le noir chapelet (hi chagrin. »

Hieiitol après, douleur extrême.

— « Bonhomme, on rejoint ce qu'on aiuic.

— Laissez-moi, laissez-moi pleurer :

Las ! ma fdle vient d'expirer.

— Cours au fleuve : un enfant s'y noie. D'une mère sauve la joie ;

Et perds en route, grain à grain.

Le noir chapelet du chagrin. »

Plus tard enfin, douleur inerle.

— (( Bonhomme, est-ce quelque autre perle?

— Je suis vieux et n'ai qu'à pleurer ; Las! je sens ma force expirer.

— Va réch;uiffer une mésange

(Jui meurt de froid devant la grange; Et perds en ronle, grain à grain.

Le noii' chap<'let du chagrin. »

Le bonhomme eni'iu de sourire, Et son oracle de lui dire :

'< Heureux (|ui m'a j)our coiidiicleiu!

Je suis l'ange consolateur.

DE BE H A NU El;. '239

(i\'sl la (^liarilô (|u\)n nie nonniic.

Va donc prèclier ma loi, bonhoiniiK.'.

Pour qu'il ne reste plus un grain j . Au noir chapelet du chagrin. »

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