LA MÈRE
.( Rivale qu'un grand nom abrilr, Ciette dame, osant tout tenter.
Jusqu'au lit du roi veut monter Pour écraser |[\ favorite. »
— Ah! je voudrais, dit la fille à part soi. Devenir maîtresse d'un roi.
-2riG D F. R .N 1 È P, F. .> C H A ^ S 0 > S
LA FILLE
« Le roi défend celle quil nime.
A cheval, unjenne seigneur Veille sur elle, et, beau lui-même.
D'un doux regard qiiête riiovuïcur. »
f.A Mfr.i .
« Fils d'une race renomméi\
Il sait complaire, et va. dans peu,
Obtenir ou le cordon blni,
Ou le plus haut rang dans l'armée. )•
— Ah! je voudrais, dit la fille à part soi, Devenir inailres^p d'un roi.
lA FILLE
(< On arrête; elle veut descendre.
S'avance un prêtre au noble aspect .
La main qu'elle daigne lui tendre.
Mère, il In bais(^ avec resj^ecl. )>
LA MÈRi:.
« Pour être évoque, à cette ouaill<'.
Par hii que d'encens est offert ; Par lui qui va parler d'enfer Au pécheur mourant sur la paille! >•
— Ah! je voudrais, dit la fille à part soi. Devenir maîtresse d'un roi.
LA FILLE
(( Voilà que passe devant elle Une noce de villageois.
L"é|»ous''e en païaîl moin^' belle:
l/époiix va ronifir ilr smi choix. "
itr v.iv, \Nr.F.r.. 'ir^i
LA MKHE.
« iVoii; lie crains rien. Dans Inir cmIliiic
La misère a trop bien compté
Les sueurs qu'au j^euple ont conté
Les vices de la courtisane. »
— Ahl je voudrais, dit la lille à paît <n\. ,
Devenir maîtresse du n roi. >
Jii>
LK r.lIAPELKT DL RONHOMMK.
Aip. : Ou (lit jtaiioiil que Je >ui^ hr-ic,
I» Sur le cliapeiet de tes peines, lîonliomine, point de larmes vaines
— N ai-je point sujet de pleurer?
Las! mon ami vient d'expirer.
— Tu vois là-bas une chanmine :
(louis vile en chasser la famine:
Kl perds en roule, grain à grain, ) Le noir chapelet du chagrin. *» \
Bientôt après, plainte nouvelle.
— « Bonhomme, où ta blessure est-elle?
— Las ! il me faut en cor pleurer :
Mon vieux père vient d'expirer.
— Cours ! Dans ce bois on tente un ci ime Arrache aux brigands leur victime;
El perds en roule, grain à grain, Le noir chapelet du chagrin, x
■âôs i)i:ir\ii:r. Ks chansons
l>ioiil(M îiprès, peine plus giande.
— (( Bonhomme, les maux vont pai' bande.
— Las! j'ai bien sujet de pleurer :
Ma compagne vient d'expirei-.
— Vois-tu le feu prendre au village ?
(]ours réteindre par ton courage :
Et perds en route, grain à grain.
Le noir chapelet (hi chagrin. »
Hieiitol après, douleur extrême.
— « Bonhomme, on rejoint ce qu'on aiuic.
— Laissez-moi, laissez-moi pleurer :
Las ! ma fdle vient d'expirer.
— Cours au fleuve : un enfant s'y noie. D'une mère sauve la joie ;
Et perds en route, grain à grain.
Le noir chapelet du chagrin. »
Plus tard enfin, douleur inerle.
— (( Bonhomme, est-ce quelque autre perle?
— Je suis vieux et n'ai qu'à pleurer ; Las! je sens ma force expirer.
— Va réch;uiffer une mésange
(Jui meurt de froid devant la grange; Et perds en ronle, grain à grain.
Le noii' chap<'let du chagrin. »
Le bonhomme eni'iu de sourire, Et son oracle de lui dire :
'< Heureux (|ui m'a j)our coiidiicleiu!
Je suis l'ange consolateur.
DE BE H A NU El;. '239
(i\'sl la (^liarilô (|u\)n nie nonniic.
Va donc prèclier ma loi, bonhoiniiK.'.
Pour qu'il ne reste plus un grain j . Au noir chapelet du chagrin. »