LA RIVIERE
Ala : C'est à mon maître en l'art de plaire.
(1 Où cours-tu, rivière amoureuse?
— Je cours au pied des rocs penchants Fournir une herbe vigoureuse
Aux troupeaux, nourriciers des champs.
« — Puis, où va ton onde limpide?
— Sur un sol qu'épuise l'été, Au gré du travail qui me guide, J'épanche la fécondité.
« Puis, avant d'être navigable, Sur les grains et sur les métaux.
Je fais d'un bras infatigable. Mouvoir la meule et les marteaux.
(1 — Parle donc, naïade charmante.
Des soirs où, dans tes flots chéris, Vient se jouer ma noble amante, Nymphe aux champs, déesse à Paris.
« Qu'importe et moulins et culture, Et troupeaux, quand, sous ces lilas, De la céleste créature Les flots caressent les appas I
liE BÉRANGER 99
<< La voici. Que mon lulh fidèle La chante au doux bruit de tes flots.
Ne les épanche que pour elle; Prête à naa voix tous tes échos.
« Aux vils travaux de notre terre Cesse enfin de livrer ton cours; Plus pure, enivre et désaltère La poésie et les amours. »
Qui parle ainsi? C'est l'àrae folle D'un poète qui, dans ce lieu.
Oublie au pied de son idole Ceux qui travaillent devant Dieu.
BiSLIOTHECA |