‹ Dernières chansons de P.J. de béranger, 1834 à 1851Chapitre 35 sur 215 · LA RIVIERE · texte numérisé non relu

LA RIVIERE

Ala : C'est à mon maître en l'art de plaire.

(1 Où cours-tu, rivière amoureuse?

— Je cours au pied des rocs penchants Fournir une herbe vigoureuse

Aux troupeaux, nourriciers des champs.

« — Puis, où va ton onde limpide?

— Sur un sol qu'épuise l'été, Au gré du travail qui me guide, J'épanche la fécondité.

« Puis, avant d'être navigable, Sur les grains et sur les métaux.

Je fais d'un bras infatigable. Mouvoir la meule et les marteaux.

(1 — Parle donc, naïade charmante.

Des soirs où, dans tes flots chéris, Vient se jouer ma noble amante, Nymphe aux champs, déesse à Paris.

« Qu'importe et moulins et culture, Et troupeaux, quand, sous ces lilas, De la céleste créature Les flots caressent les appas I

liE BÉRANGER 99

<< La voici. Que mon lulh fidèle La chante au doux bruit de tes flots.

Ne les épanche que pour elle; Prête à naa voix tous tes échos.

« Aux vils travaux de notre terre Cesse enfin de livrer ton cours; Plus pure, enivre et désaltère La poésie et les amours. »

Qui parle ainsi? C'est l'àrae folle D'un poète qui, dans ce lieu.

Oublie au pied de son idole Ceux qui travaillent devant Dieu.

BiSLIOTHECA |

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