‹ Dernières chansons de P. J. de Béranger (volume 3)Chapitre 12 sur 97 · LA PRISONNIÈRE · texte numérisé non relu

LA PRISONNIÈRE

Ain

Platon Ta dit : Tâme éfet captivé * ' Dans ce corps brut, obscur séjour, ^ ' Prison véritable où n*arrive

Que lentement Téclat du. jour.

Cette âme, en qui tout. est my^tÀre^ •• : .' Souffrant du froid , souffraat du chaud^^ Quand Pédifice sort de terre;- ' i

Sommeille au fend d'ud noir cachot. « .

Tandis qu'elle languit dans P ombre, Nature tente un sourd travail, £t fait poindre dans ce lieu sombre' ' Le jour douteux d'un soupirail.

A la lueur qurvieiit dléclore,. ' •.

Se créant un vaste horizon, . i •

La pauvre âme longtemps encore Se heurte aux murs de sa prison.

Mais enfin s'ouvre une fenêtre ; Elle s'y cramponne en riant.

Salut, printemps qui viens de naître !

Tout brille aux feux de l'Orient .

Ces bois si verts, ces eaux si belles, Ces monts géants, l'homme en est roi.

Toutes ces fleurs, pour moi sont-elles?

Tous ces fiTiits, seront-ils pour moi?

De la prison, d'abord si noire, Le faîle devient radieux.

L'âme en fait un observatoire, Et, de là, plonge dans les cieux.

Tant d'astres soulèvent les voiles Du Dieu qui leur trace un chemin.

Je me noie en ces flots d'étoiles :

Dieu puissant, tendez-moi la main.

Mais l'automne touche à son terme ; Déjà le ciel s'est obscurci.

L'observatoire alors se ferme, Hélas ! et sa fenêtre aussi.

Quelque rayon, qui meurt bien vite, Frappe encor des murs délabrés , Puis du cachot, son premier gîte, L'âme redescend les degrés.

Il en est ainsi, pour la foule,

A Tâge de caducité.

Mais enûn la prison s'écroule;

L'âme s'envole en liberté.

De nouveaux fers Dieu la préserve !

Et j'ajoute à mon oraison:

Faites, mon Dieu, qu'elle conserve

Le souvenir de sa prison.

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