‹ Dernières chansons de P. J. de Béranger (volume 3)Chapitre 11 sur 97 · MON ANNIVERSAIRE A FONTAINEBLEAU · texte numérisé non relu

MON ANNIVERSAIRE A FONTAINEBLEAU

Am de» Amaamet.

Quitter Paris, quitter le monde,, C'est mourir, m'a-t-on dit cent fois.

Or, dans ma retraite profonde, Je suis mort, du moins je le crois. Bi$.

D'un trépassé prenant le caractère,

Je tiens mon gite aux indiscrets muré.

Me Yoilà donc comme à cent pieds sous terre.

De profundisl car je suis enterré.

Je vis en mort tranquille et sage Dans ce coin qui me va si bien ;

Espérant, moi qui sais Tusage,

Que Toubli sera mon gardien.

Mais que de moi Tamitié se souviékine Pour chaque nœud qu'avec vous j*ai serré.

A mon tombeau que souvent elle vienne.

De profanais I car je suis enterré.

Je conçois qu'on s'immortalise ;

Pourtant cela devient banal ;

Et lettre d'ami, quoi qu'on dise,

Vaut mieux qu'article de journal.

Laissons la gloire apposer son parafe A maint brevet par des sots délivré ; Mes vieux amis, faites mon épitaphe.

De profandùl car je suis enterré.

Les morts ne se dérangent guères ;

Venez donc sans deuil ni souci,

Narguant les larmoyeurs vulgaires,

Boire au défunt qui gît ici.

Plus ne m'arrive un soupir de colombe ; Plus un seul vers par Lisette inspiré.

L'amitié seule a des fleurs pour ma tombe De profundisi car je suis enterré.

Pourtant, lorsqu*ici je m*enterre,

Ne me croyez pas devenu

Fou misanthrope ou sage austère,

Contre son siècle prévenu.

Avec le temps si mon esprit plus sombre Voyait en noir, sous un ciel azuré, Soyez, amis, indulgents pour mon ombre.

De profundisi car je suis enterré.

De profundisi criait Lazare, Rêveur dans la tombe endormi, Lorsque armé d'un pouvoir trop rare Jésus réveilla son ami. Bis.

Au bout de l'an, où tous je vous convie Pour un service à bas bruit célébré.

Comme à Lazare, ah! rendez-moi la vie.

De profundisi car je suis enterré.

THii ;;i:\v york

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